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Comme à l’accoutumée, Kore-eda tire son émotion de destins ordinaires à travers la simplicité de son dispositif intimiste. Après la tempête se veut ainsi une peinture des petits gestes du quotidien, brossés dans le détail des aliments qui frémissent en fond de marmite, une tranche de vie d’individus banals, et dans lesquels on peut donc aisément se reconnaître.


La tempête éponyme, c’est celle d’une rupture dans le mode de vie de Ryōta, récemment divorcé et peinant à se relever dans le sillage de la destruction. Il tente la vie par procuration en épiant les gens via son travail de détective, il s’enfonce plus avant dans les jeux d’argent, recherchant petits espoirs et adrénaline bon marché, refusant de tourner la page et miné par une existence faite de compromissions.


La fatalité de la rupture semble inexorable, alors qu’il voit s’éloigner son garçon et son ex, les regrets l’assaillent, jusque dans cette relation inaboutie avec feu son père qui viendra s’éclaircir par les témoignages extérieurs, tandis que les espoirs ne sont que déception. Mais il n’est pas seul. Son enfant l’aime, son ex ne le déteste pas, sa sœur le charrie mais l’encourage, son collègue s’inquiète de son addiction, et sa mère (formidable Kirin Kiki, fidèle du cinéaste) est un pilier indéfectible. Il est suffisamment entouré pour comprendre qu’il faut lâcher prise pour de bon, et commencer à reconstruire.


La tempête, alors devenue réelle, vient balayer les congestions du ciel grisâtre pour faire table rase et apporter une lueur au bout du tunnel. Les choses ne seront plus comme avant, mais elles n’ont pas pour autant à être désespérées. Il faudra juste rebâtir différemment avec ce qu’il reste d’avant, et ce qui peut être trouvé demain. Ryōta semble, avec un peu de retard, se muer en adulte, pour le meilleur et pour le pire.


L'œuvre de Kore-eda est lente, visuellement âpre, bavarde. Mais elle est également profondément humaine. Et dans les fêlures de son protagoniste, elle laisse poindre une lumière éminemment réconfortante.


Créée

le 24 nov. 2025

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Frakkazak

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