Il est beau et puissant ce désir qui tonne lorsque l’on ne s’y attend pas.
Un homme et une femme se rencontrent dans un hôpital, au chevet de leurs conjoints respectifs plongés dans un coma. Ceux-ci ont eu un grave accident ; ils étaient ensemble dans la voiture lorsque le drame est advenu.
Ceux qui sont debout découvriront vite que leurs partenaires étaient amants et que leur liaison respirait la passion. Une évidence qui vient d’abord semer la colère en eux, une trahison qui les remplit aussi de douleur.
C’est ainsi qu’ils vont se rapprocher, partageant leur blessure dans une solitude à deux. Petit à petit, ils vont se dévoiler, devenant chacun pour l’autre un miroir d'émotions tues.
Comme cette neige impromptue en avril, leurs sentiments naissants surgiront imprévus. Ils formuleront le prétexte d’une vengeance pour oser se toucher, mais leur désir, contre toute attente, grandira, passionné.
Le réalisateur Hur Jin-ho réussit, avec retenue et esthétique, un film d’une grande élégance dans l’expression des émotions et du pardon, interrogeant la légitimité de l'amour né de circonstances tragiques et du chaos. Avec une douce pudeur contemplative de l’émoi amoureux, il parvient à capturer, sur sa pellicule, le désir de deux êtres dans sa plus pure manifestation.
Une oeuvre remarquable, un des plus beaux films coréens du genre.