Un nanar à huit pattes, un vrai (oubliez Arac Attack) : bestiole mal faite (et pas trop montrée dans un premier temps, pour nous garder la surprise du gros plastoc pour le final ultra généreux, fier de sa bestiole), intrigue assez énigmatique (une araignée géante sur une île dangereuse ? On envoie un petit groupe de médecins et aventuriers du dimanche !), acteurs qui jouent leur vie à chaque plan (à pleurer de rire), dialogues très recherchés (ironie), et une envie d'en mettre plein les yeux avec des effets numériques complètement fauchés... Le rendu ? Un film Syfy moche et débile à souhaits, mais très sympa avec son spectateur : s'il peut faire foncer l'araignée sur la moindre fenêtre et porte, il le fait, s'il peut faire des gros plans sur les yeux globuleux, il le fait, s'il lui reste un personnage encore en vie pour lui balancer de l'acide à la tronche (les araignée mangent en vomissant sur leurs proies... Bon appétit bien sûr) ou pour lui jeter des fils censés être de la toile, il le fait. On n'arrive pas à détester ce film fait avec 5 millions de pesetas (33 000 dollars, une broutille) qui ont dû passer en intégralité dans la bestiole (enfin, dans les différentes versions de la créature, comme le final s'éclate à l'exploser dans tous les murs, on devine qu'il y en a eu plusieurs...), avec des acteurs davantage payés en tickets-restos cantine, mais qui s'amusent quand même beaucoup à l'écran (le spécialiste des insectes en fait des tonnes, le couple de héros est badass, les autres sont plus anecdotiques mais pas désagréables à suivre). Arachnid est un vrai nanar juteux, avec son budget de baguette de pain dans le monde du cinéma, qui réussit à tenir sur ses (huit) pattes, montrant fièrement ses limites, ses défauts, ses ratés, voulant toujours faire rire ou faire frissonner son spectateur. Si vous avez l'occasion de croiser sa toile, laissez-vous prendre au piège.