En chirurgien autrichien expatrié, fuyant les nazis, Charles Boyer exerce à Paris, bientôt occupé. Il y fait la connaissance d'une autre immigrée, une chanteuse italo-roumaine (Ingrid Bergman !).
Lewis Milestone réalise un sombre mélodrame d'une excessive longueur au regard de l'ennui qu'il m'a procuré. Ce film, dont il m'a semblé un temps qu'il traiterait de la condition de l'exilé et du clandestin, verse dans le drame sentimental le plus banal, le plus vain aussi parce que la place réservée à Ingrid Bergman prend des proportions artificielles et glamour. On enrage de voir la belle Ingrid dans un emploi aussi creux, de la voir avec son partenaire Charles Boyer (tellement plus à leur avantage dans "Hantise" de Cukor) se prêter à une intimité bavarde et languissante. Et quelle idée d'être allé chercher le grand Charles Laughton pour ce rôle si bref et décevant d'un espion allemand, que le chirurgien reconnait dans la foule parisienne ?
Les bonnes dispositions du sujet sont sacrifiées à une histoire d'amour pleurnicharde. Consécutivement, la mise en scène parait approximative, sans colonne vertébrale.