J'ai voulu voir Arctic seulement pour Mads Mikkelsen, et je ne suis pas déçu : une excellente prestation, dans un rôle quasi-muet pas évident, où donc tout se joue dans le regard et la démarche féline de ce survivant du grand nord. Dans la droite lignée de Robert Redford (Jeremiah Johnson) et de Leonardo DiCaprio (The Revenant).
Au-delà de ça, pas grand chose à se mettre sous la dent, si ce n'est quelques plans majestueux des étendues glacées - et par définition un peu faciles. Le scénario est, plus que minimal (aucune indication de temps, de lieu, de contexte n'est donnée), vide. Et au demeurant assez peu crédible, lorsque le survivant, d'habitude méticuleux, assidu et débrouillard, fait des choix totalement stupides. Après une longue introduction où sa routine nous est exposée (signaux d'alerte, pêche et repos, le tout rythmé par les sonneries de sa montre), il s'occupe d'une secouriste victime d'un accident d'hélicoptère (ironic, isn't it). Puis il décide de rejoindre une base située à des dizaines de kilomètres en la traînant derrière lui (pas galère le plan). Il affrontera alors les attendus du genre, entre ours polaires, crevasses surprises et autres tempêtes de neige. C'est à peu près tout. Dans la liste des stupidités : face à un obstacle imprévu et insurmontable, il décide de prendre un détour trois fois plus long (alors qu'il galérait déjà) au lieu de rentrer dans le camp de base pour se reposer. Et à la fin, au lieu de courir comme un dératé pour être sauvé, il fait demi-tour et s'encombre inutilement, comme s'il voulait juste perdre du temps. Bref. Et dire qu'il fallait seulement lâcher prise pour sortir de cet enfer blanc...