Pas courant que le cinéma français s'essaie à la dystopie. Seulement, quand il le fait, c'est pour se retrouver ici dans une poignée de salles et ainsi faire un score dérisoire au box-office : pas très engageant... Pourtant, tout en restant clairement dans une logique de série B, quitte à peut-être manquer un peu d'ambition, cela ne fonctionne pas si mal : l'univers décrit est plutôt réaliste, la réalisation tient la route, il y a un certain suspense, la logique de violence sociétale amenant à devoir utiliser cette même violence pour s'en sortir s'avérant efficace.
Pas toujours d'une subtilité délirante dans la démonstration et le propos, « Arès » a néanmoins des choses à dire sur un monde écrasé par le capitalisme, qu'il suggère d'attaquer frontalement à travers l'évolution d'un anti-héros s'éveillant tardivement à la cause (Ola Rapace, efficace et peu expressif). Je suis plus dubitatif sur ce personnage de travesti un peu sorti de nulle part, mais pourquoi pas... Rien de follement audacieux ou original, mais une volonté de faire du cinéma de genre tout en revendiquant une petite dimension politique : un film qui aurait grandement mérité une plus large diffusion : pour le cinéma, c'est foutu, sur « petit » écran, il est encore temps !