Il fut un temps, tout le monde pissait à la raie de Ben Affleck sur chacun des projets auquel il prenait part . Il faut dire que niveau acteur, le célèbre geek BCBG de Boston ayant fait ses premières armes aux cotés de Kevin Smith (un autre geek célèbre mais pas BCBG du tout par contre) avait autant de charisme que le cul d’une vache.
Pourtant, un changement commençait à se faire sentir dans le « Hollywood land » de Allen Coulter et le « Smokin’Aces » de Joe Carnahan (ou « Mise à Prix » par chez nous : ptètre bien un des meilleurs films sur la guerre en Irak, mais sans parler de la guerre en Irak, enfin si, mais non, mais si quand même…), dans lesquels Affleck assumait pleinement sa Loose-attitude, comme pour faire transition entre sa première carrière et sa seconde, plus passionnante, à savoir celui de metteur en scène.
En dirigeant son petit frère Casey (qui a un bel avenir devant lui) dans l’adaptation d’un polar de Dennis Lehane, « Gone, Baby, Gone » de manière classieuse mais sobre et sans esbroufe rappelant les Eastwood d’antan et Sidney Lumet, Ben Affleck entame effectivement de la meilleure manière qui soit sa nouvelle fonction et parvient même à égaler (ou surpasser, c’est selon) « Mystic river » sur le plan émotionnelle.
En 2010, il récidive mais cette fois aussi bien devant que derrière la caméra, aux cotés de Jeremy Renner et de John Hamm avec « The Town ».
Y’a pas à chier, il a toujours autant de soucis avec les expressions du visage, pour autant, il parvient à rendre ce film de braquage très 90’s dans l’âme ciné génique (sa façon de filmer Boston rappelle les délires urbain de Michael Mann) et épique (il connait parfaitement son sujet, a un sens de la dramaturgie efficace et emballe des gunfights titillant le braquage de « Heat », toujours de Michael Mann), parvenant à remporter de nouveau l’adhésion.
C’est année, pour « Argo »,c’est au thriller parano 70’ qu’Affleck jette son dévolu (d’ailleurs le logo qui ouvre le film représente celui de la Warner datant de cette période) en narrant cette histoire totalement OUFISSIME et HA-LU-CI-NANTE qu’est le « projet Argo » (un agent de la CIA ment à Hollywood et monte la production d’un faux film de science-fiction comme couverture pour pouvoir extradier des américains coincés à Téhéran durant la prise d’otages de la fin des années 70) .
Et ce choix semble lui sourire, « Argo » étant, avec « The master » de Paul Thomas Anderson, le candidat le plus sérieux aux prochains Oscars.
Est-ce exagéré ? Pas vraiment.
Le seul véritable reproche que l’on pourrait faire à Ben Affleck serait d’être encore trop écrasé par ces références, certes louables, mais qui empêche son film d’avoir sa propre personnalité formellement parlant, et ce malgré son intrigue qui elle ne ressemble à rien de connu.
Le réal est un vrai geek ciné phage qui respecte ses modèles, mais ce n’est pas encore maintenant qu’il pourra se rapprocher des frères Coen.
Pour le reste, rien à redire.
Comme pour « The Town » le sujet est traité avec un sens du détail et de la documentation pointue (à deux /trois détails près).
Pas aussi chirurgicale que le « Zodiac » de Fincher, car plus romancé, mais pointue.
Le style caméra à l’épaule est ici nécessaire, non artificielle (on a enfin l’impression que c’est pris sur le vif), loin de cette auto-masturbation qu’est devenu la Shaky-cam, et contribue même au suspens crescendo et tendax du string à la fois étouffant et épuisant (on a beau connaitre l’issue final, on en est pas moins essoré).
Et sinon l’histoire est totalement OUFFISIME (oui je radote mais ça à le mérite d’être souligné).
Bref, toujours pas un chef d’œuvre impérissable, juste un grand film, le troisième consécutif d’un véritable cinéaste accompli qui ferme le clapet de tout le monde et qui fait oublier une bonne fois pour toutes les erreurs de jeunesse.
En ces temps où la sénilité ambiante de Clint Eastwood devient de plus en plus flagrante, aussi bien dans ses derniers films que dans la vrai vie (remember son déjà mythique discours de la chaise vide), il est fort enthousiasmant de voir que la relève est sur de bonnes v