Le Sud profond a parfois le chic pour produire des films où l’ennui prend des airs de moiteur existentielle. Arkansas tente l’expérience avec application : des truands sans ambition, un boss invisible, et un tempo languissant qui confond nonchalance et apathie. Clark Duke, pour son premier passage derrière la caméra, semble vouloir revisiter Pulp Fiction en tongs, mais la citation tourne court. Les dialogues, censés pétiller de second degré, tombent souvent au sol avant la fin de la phrase.
La mise en scène, bien intentionnée, cultive un goût pour la lenteur contemplative, comme si le film craignait de déranger ses propres personnages. Vince Vaughn mâchonne ses répliques avec la conviction d’un homme qui a déjà tout compris à l’intrigue – et s’en moque. John Malkovich passe dire bonjour, puis repart, probablement vers un autre tournage plus motivant.
Visuellement, c’est sec, un peu poussiéreux, presque honnête. Le film ressemble à une route de campagne : droite, monotone, ponctuée de quelques nids-de-poule dramatiques. On devine derrière tout ça un sincère attachement au décor et une certaine mélancolie sudiste, mais l’ensemble manque d’une étincelle, d’un danger, d’un vrai souffle.
Arkansas n’est ni un désastre ni une révélation ; simplement un exercice de style qui oublie d’avoir du style.