Jean-Paul Salomé constitue le modèle de l'absolue médiocrité de la dernière génération de réalisateurs français, obsédés par un cinéma populaire (donc d'action, grossier et spectaculaire) et "moderne" (enfant difforme du jeu vidéo, pour faire simple...). Tout ce que Salomé touche se transforme en boue, pour ne pas dire pire, et après l'immonde "Belphégor", on ne peut qu'être affolés à l'idée de voir notre icône personnelle, Arsène Lupin, entre ses mains. Pourtant, Lupin résiste au délire digital et à la construction sans queue ni tête, d'abord parce que Salomé a su conserver le romantisme gothique et tourmenté de Maurice Leblanc (bien loin de l'élégante fadeur des Lupin de télévision et de cinéma jusque là), même si Romain Duris peine quand même à incarner le séducteur psychotique et brillant inventé par Leblanc. C'est peu mais cela suffira à notre bonheur de fans...
[Critique écrite en 2004]