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Critique de Asparagus par Phantasmagoria
Un porno soft arty pour vegans sous ectasy.
le 27 mars 2024
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Picasso a dit « Le goût est l’ennemi de la créativité ». Un peu lâche. Nicolas Winding Refn a améliorée l’idée avec sa propre formule : « Les ennemis de la créativité sont le bon goût et le sentiment de sécurité ». Inédit, vulgaire et déstabilisant, Asparagus confirme.
Ce court-métrage a accompagné Eraserhead en 1979 dans les circuits du Midnight Movie ; et par sa bizarrerie, il est à la hauteur du challenge. Asparagus est un déluge onirique à la Paprika, sans la moindre parole et surtout sans scénario manifeste. Également peintre, Suzann Pitt en est alors à son septième film. Son œuvre est une expression du surréalisme dans sa forme la plus pure (le commentaire social en moins), dont Asparagus est le climax. Il nous montre une femme sans visage apparent dans une relation charnelle avec son environnement ; une telle attitude implique son appropriation du sexe et sa construction identitaire. Ce personnage semble tendu vers l’inflation de l’égo – et naturellement vers la fellation.
Pendant dix-huit minutes, nous entrons dans l’esprit d’une créatrice. C’est la balade dans le cerveau droit que Subconscious Cruelty a voulu mettre en scène : le résultat est opaque et enivrant, tout en étant insidieusement agressif. Ce genre de petites escapades a un côté destructeur, tellement on en sort exsangue ; le prix du triomphe de l’imagination.
L’analyse échouera pour ce film : ce n’est de la faute de personne, sinon de sa réalisatrice, mais on l’en remercie. Son Asparagus nous met dans un état d’enfant légèrement affolé, dont la raison ne fonctionne pas, réduit à la contemplation du trivial dans l’indicible. C’est parfois irritant (la seconde partie au cinéma est moins plaisante que la première dans la maison), mais on est incapable de décrocher : il y a une cohérence dans cette ribambelle délirante, un sens qu’on ressent, qui ne tient pas de la révélation (au contraire il est plutôt primaire) et on veux s’en rapprocher. Mais comment expliquer cet Asparagus !?
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Créée
le 26 août 2014
Critique lue 1K fois
4
34 critiques
Un porno soft arty pour vegans sous ectasy.
le 27 mars 2024
7
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