La télé et les jeux vidéo rendent violent.

Pour son troisième film, Mathieu Kassovitz a voulu jouer avec Michel Serrault, pour un film d'initiation, mais dans un genre particulier. Ce dernier joue un tueur à gages vieillissant qui décide d'apprendre son savoir à un jeune, incarné par Kassovitz. qui est un petit voleur s'étant introduit dans son appartement.


Je me souviens du scandale provoqué par le film au Festival de Cannes 1997, et près de vingt ans plus tard, et bien des films vus depuis, j'avoue que la polémique n'a pas lieu d'être à mes yeux. Ce qui reste le plus dur est une scène de torture pratiquée sur un vieil homme avec une complaisance un peu dégueulasse, mais ça n'est pas là le problème, car c'est assez court.
Non, car pour Kassovitz, qui est un réalisateur fasciné par la violence, celle-ci provient des jeux vidéos, de la télévision, en gros, elle nous conditionnerait de ce que nous sommes. Lui et son pote Mehdi regardent en permanence la télé, jouent à des jeux vidéo violents et bien entendu, tout ça va leur donner envie d'avoir des flingues. Avec le recul de 2015, c'est un raisonnement stupide, car si je m'en tiens à mon histoire personnelle, je joue aux jeux vidéo et je regarde parfois des films violents ; j'aurais dû être un tueur en série alors !
C'est un peu ça l'histoire du film ; la manipulation des médias pour nous conditionner et sur ces deux jeunes, ça marche à fond, car ils vont suivre les pas du vieil homme mais dans les codes des années 1990, donc rien dans la finesse...


Et que le casting est mauvais ! Ça aussi, c'est un énorme défaut de l'histoire. Je ne veux pas être méchant concernant Michel Serrault, mais on le voit déjà diminué physiquement par sa maladie, il n'a pas la carrure de jouer un tueur, il me fait plus penser à un vieux papy. Quant à Mathieu Kassovitz, ainsi que Mehdi Benoufa (dont ce sera le seul film), leurs dialogues se résument à des insultes, comme si ils ne pouvaient communiquer que par borborygmes.


Pourtant, il y a des scènes plutôt pas mal, comme l'incontinence de Michel Serrault, qui est basculement dans l'histoire, ainsi que Mehdi qui joue à Virtua Cop sur Saturn, et flingue non seulement les ennemis mais aussi les otages, montrant par là qu'il est passé de l'autre côté. Mais le propos du film me semble trop minable, voir lâche, pour que j'y m'intéresse plus que ça.

Boubakar
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le 30 juin 2015

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Boubakar

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