Avec At Berkeley, Frederick Wiseman signe un documentaire aussi dense que passionnant. Pendant plus de quatre heures, sans commentaire ni interview, il nous ouvre les portes de la prestigieuse université californienne. Le dispositif est radical : une simple caméra qui observe, patiemment. Et c’est là toute la force du film.
Wiseman ne nous mâche rien, il nous fait confiance. On assiste à des réunions administratives, des cours brillants, des discussions d’étudiants. Loin d’un portrait lisse, le film révèle un lieu en tension constante : excellence académique vs accessibilité, tradition vs réforme, gestion vs vision. À travers Berkeley, c’est notre rapport collectif au savoir et à l’éducation publique qui se joue.
J’ai été profondément touché par cette plongée exigeante, presque méditative. Ce n’est pas un documentaire spectaculaire, c’est une œuvre humaniste, lucide, d’une honnêteté rare. Certes, quelques longueurs se font sentir, mais elles participent aussi à la richesse de l’expérience.
Ma note : 8.5/10. Une leçon de cinéma… et de société.