En tant que professionnelle de santé, ce court-métrage m'a bouleversée au plus haut point. Atestac ne se contente pas de raconter une histoire de fiction ; il pose un miroir sans concession sur la réalité étouffante de nos hôpitaux, un constat qui s'applique cruellement à la situation que nous vivons en France. Le film cible avec une précision chirurgicale les maux profonds du système : le manque de moyens permanent et la pénurie d'effectifs qui transforment chaque garde en un défi cruel. Ce film a réveillé en moi des souvenirs profondément ancrés. J'ai moi-même vécu cette situation où, face à une urgence vitale, il a fallu rattraper réanimer un patient d'urgence. J'ai dû interpeller un médecin au hasard dans les couloirs. Malheureusement, le patient est décédé et nous n'avons pas pu réanimer cette personne, un dénouement tragique qui m'a marquée au fer rouge pour le reste de mon existence. La grande force du film est de capter cette détresse mais aussi "l'après", car ces traumatismes, on les ramène inévitablement à la maison. Ils s'invitent chez nous et nourrissent des réflexions bien plus larges sur la façon dont nous serons soignés demain, nous et nos enfants. En nous rappelant que cela peut arriver à n'importe qui et à n'importe quel moment, ce court-métrage livre un message d'utilité publique absolu. Je lui attribue sans hésiter une excellente note.