Un film à spectacle raté peut être reçu comme un attendrissant nanar.
Mais comme ici on nous a vendu une tragédie, le résultat est un pétard mouillé navrant qui ne suscite aucune sympathie.
Justesse, dilemmes et profondeur humaine globalement absents au profit d'un fantasme purgatoire un peu pervers parce que mal traité. La tension tragique est introuvable. (On a même plus droit aux dilemmes foireux des Misérables qui se débattait dans tous les sens pour en placer une après l'impeccable La haine, grand frère d'une autre trempe.)
Des personnages hystériques qui hurlent pour remplir le vide de leur écriture. Avec Titane, ce film partage un amour aveugle de la spectacularisation inconséquente (mais très satisfaitr d'elle même, ni pulp ni jouissive) de la catastrophe, comme un pilier de comptoir qui nous avertirait désinvoltement de l'imminence de la fin du monde avec le sourire navré de celui qui a quand même bien hâte de s'en mettre plein la vue. La subversion est art délicat, même au marteau-piqueur.
La brigade de CRS la plus teubée de France et un équivalent de Quatorze Juillet de France métropolitaine de feux d'artifices.
Mais là je deviens inutilement acerbe.
Les longs travellings permettent de s'accrocher jusqu'au bout, et la première scène était pleine de promesses... D'où la sévérité de ma part: une très très bonne idée, un projet nécessaire, et donc une déception d'autant plus amère...
Audace néanmoins et grande maîtrise technique (très bo), un film français qui n'a pas à rougir visuellement. Bon taf de Surkin pour la BO.