La note sévère infligée à ce film ne reflète en aucun cas la qualité formelle du Film de Romain Gavras .
En effet Athena est particulièrement bien réalisé, filmé, photographié. L'intensité est présente de la première à la dernière minute . Le choix d'une musique classique pour illustrer ces banlieues qui flambent est extrêmement marquant et réussi .
Le problème du film vient de son propos.
Au final Athena est un film dangereux, malsain et nauséabond.
On pourrait aisément résumer le film de la manière suivante :
Suite à une bavure policière, les territoires perdus de la république peuplés de bêtes sauvages implosent ...
La violence du film et l'absence totale d'espoir et de foi en l'humanité sont dérangeants . Ils le sont encore plus quand on a le sentiment qu'ils sont justifiés, cautionnés, adoubés par l'équipe du Film par en raison de l'origine de la bavure policière qui déclenche les violences et qui est imputée à un groupuscule d'extrême droite...
La ficelle est un peu trop simple et démagogique.
Même si elle est intolérable , elle ne justifie en rien la violence qui en découle.
Quand on cumule la représentation effroyable désespérée et désespérante des personnages du films ( Dealers, salafistes, voyous surexcités qui agissent comme des moutons ...) et cette absolution données à leurs exactions, ce film n'est ni plus ni moins qu' un acte pyromane !
Ce "qu'est-ce qu'on attend pour foutre le feu et ne plus suivre les règles du jeu" semble voulu, encouragé, désiré par les auteurs du film dont la fascination malsaine pour la violence des banlieues n'a d'égal que la haine basique des "condés"qui suinte sur chaque plan de ce film.
Ce film finit par devenir un plaidoyer pour une reconquête Zemmouriste musclée en 2027.
Je ne pense pas que c'était l'objet ni le but de Romain Gavras