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My childhood.
J’ai cette belle sensation que le film ne me quittera jamais, qu’il est déjà bien ancré dans ma mémoire, que je me souviendrai de cette maison, ce village, ce petit garçon pour toujours. J’ai...
le 21 nov. 2014
Quel titre magnifique, déjà. Tiré d’un quatrain d’Aragon, cité en ouverture :
« Au biseau des baisers
Les ans passent trop vite
Évite, évite, évite
Les souvenirs brisés »
Alger, durant un dimanche d’été. Un jeune couple d’amoureux se rend à Tipaza : ils se baladent en scooter, se rendent au dancing, puis flânent sur la plage. Cette douce journée amoureuse pourtant se fissure, au diapason de son héroïne, terrifiée par l’éphémère du bonheur et de son héros, résigné. Un moment donné elle raconte penser régulièrement à un souvenir d’enfance. Elle s’amusait dans une fête foraine et le soir venu elle avait vu les forains démonter leurs manèges, comprenant qu’elle ne pourrait pas revivre ce qu’elle avait vécu. Le garçon, lui, assimilera plutôt l’amour aux fleurs, qui comme elles, se fane.
C’est déjà le Guy Gilles que j’aime. Celui que l’on retrouvera sur format long dix ans plus tard. Un cinéma d’une grande force poétique et mélancolique. Les images chez lui sont comme des photos instantanées. Chaque plan est une merveille. C’est un cinéma de la fugue mais aussi celui d’une rêverie inconsolable. Ça pourrait ne pas fonctionner du tout, être larmoyant, tape à l’œil. C’est au contraire simple et foudroyant.
Si l’on en croit Michel Sator, coréalisateur du film, Duras était fascinée par le cinéma de Guy Gilles. N’ayant pas encore réalisé ses propres films, et comme elle n’y connaissait rien elle lui aurait proposé de prendre en charge la partie images d’un film qu’elle réaliserait. Il lui avait répliqué : en contrepartie je vais faire un livre, et vous, vous vous occuperez des mots. Qu’est-ce que j’aime Guy Gilles.
Créée
le 22 juil. 2025
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