du Pont d'l'Alma ?
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Répondons tout de suite à cette interrogation qui a été la mienne : pourquoi ce titre, plus accrocheur que beaucoup de nos jours ?
Tout simplement parce que le patron du bistrot l'a été dans l'armée (zouave) et ça n'a donc aucune connotation désagréable comme dans l'expression 'faire le zouave"...
Surprise : ce film aurait été écrit pour le théâtre que je n'aurais pas été surpris : à part une ballade dans le métro parisien aérien de je ne sais trop quelle ligne, illustrant le générique, on va vivre une histoire criminelle qui se déroule uniquement dans le huis-clos d'un bistrot parisien...
Pierre Laroche, le scénariste et Gilles Grangier (1911-1996), réalisateur, sont d'authentiques parisiens de naissance et retransmettent bien cette ambiance des cafés d'alors dans la capitale,au point qu'on ne ressent aucun sentiment de claustrophobie : les plans sont rapides, syncopés, et l'intrigue est nourrie...
De quoi oublier un tournage avec vraisemblablement peu de moyens, et dans les installations des studios de Billancourt : "Paris Studio Cinéma"...
Ceux de la Paramount à Joinville avaient eux, accueilli le débutant Gilles Grangier comme figurant, puis à divers métiers du cinéma, l'amenant progressivement à devenir assistant-réalisateur, avant de voler de ses propres ailes !
Un réalisateur prolifique, qui devait sont tournant de carrière à l’acteur Noël-Noël, et qui rien que pendant la période allant de 1943 à 1949, avait déjà 12 films à son actif...
La demande était forte, le peuple ayant de nouveau envie de se distraire après la seconde guerre mondiale : les polars faisaient alors recette !
Grangier aura tourné un total de 51 longs métrages jusqu'en 1975 !
Le meilleur que j'ai vu de lui reste la célèbre "Cuisine au beurre" un peu dans le même ton mais humoristique et non dramatico-policier.
Le seul réalisateur à avoir réussi à faire cohabiter Fernandel et Bourvil dans un film... Zoom sur le récit de celui-ci :
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"Cela va vous faire sourire mais apprenez qu'il était interdit dans les salles aux moins de seize ans.
Pourtant, aucun plan de nudité, sinon Oscar, poisson rouge tournant dans son bocal rond sur une étagère du bar, et que convoite le chat adopté par la patronne.
La vie quotidienne d'un bistrot parisien dans le Grenelle du XV° : le patron (Robert Dalban) recéleur d'un cambrioleur( et client) tient le café qui abrite quelques modestes chambres dont une professionnelle du sexe, qui utilise la sienne pour vendre ses charmes...
Laquelle est protégée par un flic révoqué et reconverti en vigile ...
La clientèle est composée d' habitués, et à l'ambiance cosmopolite : un vieux friqué amateur de chair fraîche, une jeune et jolie pensionnaire (Hélène jouée par Dany Robin) très convoitée par ces messieurs... La serveuse du café, (Annette Poivre) ne manque pas de sel avec ses sourires complices à la clientèle, attitudes sévèrement réprimandées pas un tenancier qui veille au sérieux de son établissement.
On pmarle beaucoup de ce tueur en séries de femmes qui hante la capitale et fait" la une" des journaux parisiens, avec cette habitude qu'il a, en partant, de laisser du lait aux chats de ses victimes pour que les pauvres bêtes ne mourussent pas de faim...
Un nouvel arrivant, BCBG, fait son arrivée, demande une chambre à louer, et intrigue tout le monde par ses attitudes très polies, trop polies ?
Le bistrotier remarque autour de son négoce, une présence inhabituelle de policiers ! Il est inquiet car est-ce en raison de la prostituée, de ses activités illicites ? C'est finalement l'amour qu va triompher dans ce vaudeville criminel sans qu'on puisse voir une seule goutte de sang"...
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C'est adorablement vieillot, pourtant on ne s'ennuie pas dans cette ambiance "rétro" (et non vintage) Ce n'est pas l'enquête de police qui passionne le plus mais ce voyage dans le passé...
On ne voit plus guère de nos jours un poisson faire interminablement le tour de son bocal rond...
Je ne sais pas trop ce qu'est le "Vivor" de la publicité dans le café qui semble avoir été un jus de fruit pétillant qui n'a guère franchi nombre d'années comme une autre marque : le Marftini ?...
Casting aux petits oignons avec comme star masculine François Perrier , et une musique de Vincent Scotto ! Jugez du peu : il apprenait la guitare dès l'âge de sept ans et a illustré 200 films, écrit 4000 chansons, et 60 opérettes (spectacle mi-chanté dansé, mi oral, disparu de nos jours)
Ce film enregistrera 1 061 101 entrées en salles françaises en 1950.
Sans figurer toutefois au Box-Office : le seuil d'accès était de deux millions d'entrées à cette époque bénie pour le cinéma. A titre comparatif, le succès de l'année était "Autant en emporte le vent" avec plus de 16 millions d'entrées !
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France 3 le 03.05.2026 (à 0h20)