Après une tentative avortée, les anglais Burton et Speke se retrouvent pour une nouvelle expédition en Afrique à la découverte de la source du Nil, comme annoncé pertinemment par le titre du film.
La valeur de ce film d'aventures tient au souci d'authenticité avec lequel le réalisateur Bob Rafelson raconte cette histoire inspirée de faits réels. Cette vérité est aussi ce qui démarque le film des récits d'aventures exotiques d'antan, généralement plus hollywoodiens qu'africains.
Le parcours des explorateurs, rendu périlleux par l'hostilité indigène ou les maladies, a le relief que lui procurent le décor de l'Afrique et le réalisme des populations tribales. C'est précisément la portée ethnologique du film qui fait son principal intérêt, cette confrontation de l'européen avec des mœurs ancestrales, singulières, parfois cruelles et, à ce titre, pourvoyeuses de scènes violentes.
Mais le film est inégal. D'abord, il s'embarrasse de scènes "anglaises" (toute la dernière partie) assez conventionnelles et bavardes relativement au milieu scientifique et colonial typiquement victorien. Ensuite, les portraits des deux personnages principaux (Burton, pénétré et amoureux de l'Afrique, Speke, seulement mu par l'exploit d'une découverte majeure) sont plutôt insuffisants, y compris dans l'expression d'une amitié forte teintée de rivalité. Enfin, il manque au film ce souffle de l'épopée et cette part de rêve qui accompagnent toute grande aventure.