On accordera d'emblée au film l'immense mérite d'exister, d'avoir été visionnable gratuitement quelques jours sur Internet et d'évoquer Le sujet capital pour l'humanité aujourd'hui, alors que - et cela est justement rappelé en début de film - nombreux sont ceux qui tendent à l'esquiver dans les conversations, tant la messe semble dite. Ce film vient toutefois bien après Une vérité qui dérange, Home et quelques autres, et ne constitue qu'une piqûre de rappel au pouvoir de demonstration qu'on pourrait souhaiter plus puissant, dans le cadre de laquelle la posture parfois un peu candide adoptée par Leonardo DiCaprio peut surprendre, d'autant qu'il milite depuis longtemps pour la cause. Je trouve qu'il se montre un peu trop et qu'il s'adresse un peu trop à ses compatriotes pour un messager de l'ONU, mais j'ai également apprécié qu'il joue le rôle de l'Américain qui part se prendre une fin de non recevoir en Inde sur le sujet de l'effort à produire pour changer la donne (je n'en dis pas plus). Il demeure quelques regrettables maladresses, comme la convocation d'un triptique de Jérôme Bosch, qui donne plus franchement à comprendre que le sort de l'humanité est déjà scellé qu'elle ne laisse l'espoir qu'on peut encore changer "la fin du film" (ou seulement la retarder). L'une des hésitations des auteurs semble être de convoquer plutôt le citoyen ou plutôt le consommateur parmi les spectateurs pour espérer faire avancer le schmilblick à la vitesse requise. Près d'un an après la COP21, je suis tenté de dire que tout le monde a la réponse ; même sa sortie en fin de campagne pour la présidentielle US ne suffira pas à infléchir la fâcheuse tendance du politique - aussi - à l'occultation du sujet. Il ne me reste qu'à vous souhaiter de très bonnes courses.