C’était, au début de l’année, ma plus grosse attente de 2025. J’ai revu les deux premiers cette semaine et tout compte fait, je n’attendais plus grand chose de AVATAR: FIRE AND ASH. Les bandes-annonces ne me donnaient pas spécialement envie non plus et je craignais que Cameron tourne vite en rond avec cet univers. Des craintes justifiées et confirmées. C’était 3h15 de « je m’en cogne ». Surtout lorsque l’on retrouve une famille censée être endeuillée et qu’elle nous balance tout ce qui lui passe par la tête à tour de rôle pendant les dix premières minutes. Ils m’avaient déjà tous gonflé. Mais James, fais-moi ressentir leur tristesse et leur désarroi par les images! Ne me récite pas des banalités sans nom à n’en plus finir. Neytiri, qui crie de manière ridicule à Spider qu’il ne fera jamais partie de la famille, on l’avait compris dans le film précédent! Inutile de nous le marteler grossièrement une nouvelle fois! En fait, peut-être que le troisième volet de cette saga, déjà trop longue, est le téléfilm le plus cher de tous les temps. Parce que tout est dit explicitement à haute voix. Aucune émotion ne peut être ressentie parce qu’on nous la vole par des phrases vides et forcées. Ce sont des tunnels de dialogues insipides, des répliques dignes d’un enfant de six ans qui prennent le pas sur la mise en scène. Il n’y a plus aucune idée à ce niveau.

Plus je redécouvre les œuvres de ce cinéaste et plus je me dis qu’il est bon pour être impressionnant techniquement, dans les effets visuels et les explosions mais beaucoup moins pour faire du cinéma. C’est un bon gros beauf comme tous ceux à Hollywood qui ne proposent que des blockbusters et certainement qu’il doit être également féru de jeux vidéo. Parce que cette nouvelle obsession de doubler le nombre d’images par seconde, c’est vraiment de l’anti-cinéma pour moi. Alors, c’est beaucoup moins horrible que dans THE WAY OF WATER, mais l’expérience du HFR est de nouveau désastreuse. J’ai parfois même l’impression, si c’est possible, que l’on passe de 24 à 48 au sein d’un même plan. Le rendu est franchement médiocre, digne d’un produit vidéo ludique et c’est de pire en pire au fil du récit. Je pense à l’apparition physique de Eywa. Je trouve déjà l’idée complètement nulle. Matérialiser cette entité spirituelle détruit tout le mysticisme et je ne tenais pas particulièrement à mettre un visage dessus. Et encore moins lorsque c’est ainsi fait. Une tête semblable à une poupée pour enfants mais qu’est-ce donc que cette horreur? C’était le malaise total et on aurait dit un design généré par IA. La honte. C’est assez contradictoire avec tes intentions visuelles James, non? Après, il ne respecte même pas  son traditionnel plan final et nous sert un dé-zoom aussi catastrophique que le reste. D’ailleurs, rien à voir, mais les sous-titres français dans cette Police sont assez compliqués à déchiffrer par moments. Cette saga est suffisamment tirée par les cheveux comme ça…

Ce métrage est donc un Menu Maxi très vulgaire sur la forme, mais pas n’importe quel Menu! C’est un Menu Maxi Best-Of des deux précédents films. La structure narrative est, encore une fois, quasiment identique à celle du premier AVATAR. Le fait de garder les mêmes thématiques ne me dérange pas. Et les connaissant, au contraire! On peut les exploiter indéfiniment. Ce qu’il faudrait, c’est apporter quelque chose et ce n’est absolument pas le cas. Il y a des intentions mais rien d’abouti. En fait, c’est la première fois que je ressens vraiment l’immonde patte de Disney dans cette franchise. On nous montre le peuple humain et ce que la propagande a l’air de leur causer. Et ce n’est visible qu’en arrière-plan. Il n’y a rien d’approfondi, c’est là, histoire de, et puis, c’est tout. La protection animale est pas mal passée à la trappe également malgré le beau moment où le chasseur de Tulkuns se fait emporter dans les profondeurs aquatiques par l’un d’entres eux. Le peuple Na’vi a, quant à lui, carrément disparu et même les méchants parlent un Anglais parfait. Et Cameron ne cesse de se répéter. Il nous ressert une scène d’action sous-marine où les héros échappent à leurs poursuivants dans des corails, une scène de radeau à la dérive où il ne manquait plus que Di Caprio et une scène où Spider est enfermé dans sa prison de verre et se met à taper contre la vitre. Tu m’étonnes que cela dure 3h15. Je ne peux cependant pas lui reprocher d’être cohérent avec ses messages écologiques. Il recycle à la perfection!

Une aventure interminable avec de merveilleux relents de Série TV. Le film commence d’ailleurs comme un épisode de Série. Court résumé des événements clos depuis deux scènes, un narrateur pour nous remettre dedans et des wagons raccrochés à l’aide d’une ficelle magique. Et l’on doit vite enchaîner sur tout le reste. Le deuil n’a pas le temps de s’installer qu’il est expédié en trois séquences parce qu’il faut passer à la péripétie suivante le plus rapidement possible pour ne pas perdre ce médiocre public. Et ce n’est pas avec deux larmes et deux traces de maquillage sombre que je vais ressentir la tristesse et la haine de Neytiri. Encore une fois, montre-le nous James! On sépare les personnages en différents groupes et on obtient un rythme atroce. Ce qui fait que les peuples du feu et de l’air n’ont jamais eu le temps d’être mis en valeur si ce n’est avec des véhicules et un volcan. Pour un jeu PlayStation, je veux bien, mais on est au cinéma. On est censé analyser de l’art, pas un produit de consommation rapide…

Au bout de cinq minutes, voyant que son fils avait pris la place de narrateur à Jake, je me disais que c’était une préparation du terrain pour sa future mort. J’avais faux car personne ne meurt jamais dans ces films. Ils ont beau tenter d’installer un semblant de suspense, qui est dupe? Qui croit en la mort de Quaritch même après qu’il ait sauté dans le vide? Qui a cru en celle de Spider de la main de Jake? Rien ne fonctionne. Ni en terme d’émotion, ni en terme de tension. Et avec une super héroïne aussi puissante que Kiri, qui peut craindre quoi que ce soit pour ces personnages? Cette gamine, dont la voix grave d’adulte de Sigourney Weaver ne colle pas du tout d’ailleurs, change littéralement son copain humain en Na’vi. Outre le ridicule moment où Spider se défait d’une toile d’araignée en se relevant juste pour la blague, cette scène m’a vraiment achevé dans l’invraisemblance de ce scénario bâclé. On pouvait espérer que ce peuple du feu, s’alliant avec les humains, apporterait un côté plus complexe, moins manichéen et finalement, non. Ils sont juste méchants et point barre. De toute façon, leur cheffe qui débarque en criant un bien balourd « I am the fire » dès sa première réplique ne pouvait présager que du mauvais. Entre la bataille finale bordélique et ça, les ressemblances avec LE HOBBIT commencent à se voir. Pendant que son alter ego du peuple de l’océan a des contractions mais part tout de même en bataille, pour nous laisser sur une des seules scènes correctes du film. Neytiri qui l’accouche, faisant le parallèle avec son défunt fils du précédent film, était une idée sympathique. Gâchée par le manque d’émotion causé par tout le reste, mais sympathique…

Les personnages sont encore plus des fonctions sans âme qu’avant et n’évoluent jamais. Jake reste le pire exemple. Il s’obstine à conserver ses méthodes militaires dans l’éducation de sa progéniture et dans sa manière de se battre. Il reste un Marine. Alors à quoi bon lui avoir enseigner les pratiques Na’vi pendant deux métrages? Il balance les coutumes à la poubelle, donc un seul film aquatique de 3h aurait suffit. Et il continue de pourrir son fils tout du long jusqu’à ce qu’il ait besoin que ce dernier lui sauve la mise une nouvelle fois. Comment aimer un héros aussi détestable? Et pendant le climax, le scénario aurait pu faire mourir n’importe qui, je n’en avais rien à faire. Je souhaitais juste que le supplice prenne fin. C’est terrible parce que 90% des personnages ne servent à rien. A ce propos, j’avoue être parti en fou rire seul comme un idiot devant une scène en particulier. Lorsque Kiri et Spider plongent pour se connecter à Eywa et que Tuk reste à la surface, comme une figurante. J’étais hilare devant cette pauvre petite qui n’a jamais rien à faire dans cette histoire. C’était vraiment très drôle. Le casting est fun lui aussi parce qu’il est est mélodramatique au possible. C’est un déluge de maladresses et lorsqu’ils s’énervent en langage des signes, c’est encore plus ridicule. Parmi toute cette liste bien trop fournie, je trouve que Quaritch est le seul personnage plus ou moins intéressant. Du moins, il évolue quelque peu. Ce n’est pas sa pitoyable relation avec Varang qui me fait penser ça. On assiste au début de sa rédemption programmée depuis toujours et c’est bien qu’elle arrive maintenant. Elle se fait progressivement et c’est ce qu’il fallait faire. Ne pas complètement l’édulcorer et lui donner quelques scènes de tiraillement et de la nuance. On y arrive pour une fois. Heureusement qu’ils l’ont ressuscité finalement…

Pour finir, parce que je ne suis pas sûr que ce misérable métrage méritait autant de développement, j’ai foncièrement détesté AVATAR: FIRE AND ASH. C’est de loin le pire de la saga, et je ne suis pourtant vraiment pas fan. J’aime beaucoup le premier parce qu’il ouvre une porte à un riche et joli univers bien qu’il soit imparfait. On commençait déjà à sentir le roussi à partir du deuxième mais celui-ci est une honte absolue. Avec un budget pareil, un engouement mondial de ce calibre, tu nous sors la même sauce qu’il y a 15 ans. Elle est périmée depuis longtemps. Donc papy, prends des vacances, gaspille moins d’argent dans du vent et entoure-toi de personnes compétentes quitte à déléguer même la mise en scène. 5/20 (Cinéma)

Or-Duvres
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le 20 déc. 2025

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