7
3175 critiques
Less is lore
Dans l’interminable ère du grand recyclage et des franchises dont Hollywood ne parvient pas à sortir, le plaisir des retrouvailles est de moins en moins manifeste. L’essorage des personnages et des...
le 20 déc. 2025
Nous pourrions nous étendre sur la performance technique ou les longueurs du films. Mais tout converge vers l'analyse finale de cette œuvre cinématographique.
Car ce n'est un secret pour personne Avatar porte en son sein un discours spirituel mythique. A la portée à la fois individuelle que collective, comme tous les grands textes en leurs temps.
Si l'écrit était alors le média favoris des masses cultivées, les messages de notre temps passent beaucoup plus par le cinéma dorénavant.
La clé est donnée à la fin, lorsque le fils Spyder est porté en sacrifice par son père adoptif, pour sauver les Naavis d'une corruption future de leur univers par les humains.
Comme dans le mythe d'Abraham, il retient alors son geste et le fils hybride peut vivre.
C'est un thème récurrent d'Avatar l'hybridation où le monde humain et celui des naavis s'entremêlent continuellement, mais aussi la robotique et les humains ou encore les Naavis et Enya la terre mère.
Spyder est un cas d'hybridation intéressant car il garde sa nature humaine, mais se fait adopter par les Naavis (phase d'acculturation) et enfin parvient à respirer leur atmosphère une fois contaminé par le mycellium de leur planète.
Tout le film se construit autour de la tension entre les deux pères de Spyder: l'un de sang (le colonel) et l'autre adoptif chez les Naavis. Alors que le combat final est apocalyptique, une Naavi accouche, un nouveau monde devient possible. Mais de quel père doit provenir ce nouveau monde? La technologie ou la nature? Il faut savoir laisser tomber certaines traditions pour permettre au futur d'advenir.
Alors que la technologie a permis une monstruosité: le colonel est déjà mort, il ne subsite que son avatar. Ce fantôme du passé s'allie à une reine Naavis, figure du ressentiment qui se construit sur la haine de sa propre Nature.
Le colonel est invité par les Naavis à se reconnecter, revenir à sa nature profonde par la mort, c'est l'un des enjeux à venir: alors que l'immortalité devient accessible il faudra choisir notre mort pour permettre au futur d'émerger.
Le combat apocalyptique est donc celui de notre nature technologique et de notre nature biologique. Mais un combat qui s'insère dans une matrice fictionnelle féérique, ou finalement la nature biologique est artificielle: le retour à la nature passe par l'entrée de Spyder dans le monde d'Avatar.
Mais quel est ce monde d'Avatar? Nous ne sommes qu'une goutte destinée à rejoindre le grand Océan. Si cette métaphore bouddhiste du sentiment océanique est ancestrale, depuis l'avènement du numérique celle de Matrix fonctionne tout aussi bien. Notre véritable nature est d'être intimement connecté à cette trame du monde, mais connecté dans notre singularité profonde. Est-ce à dire que la goutte ne se dissout pas dans l'Océan?
Ce combat se solde donc par l'arrivée pleine et entière de Spyder dans la communauté des Naavis, auprès de leurs ancètres. Il se défait des faux-semblants, son père est mort, par la technologie (le masque pour respirer chez les Naavis) il s'acclimate avant de rentrer pleinement dans une nouvelle réalité.
Est-il mort ou vivant? Réel ou fictionnel? Il est tout simplement, un avec le Un, tout dans le tout.
As above, so below.
Créée
le 28 déc. 2025
Critique lue 6 fois
7
3175 critiques
Dans l’interminable ère du grand recyclage et des franchises dont Hollywood ne parvient pas à sortir, le plaisir des retrouvailles est de moins en moins manifeste. L’essorage des personnages et des...
le 20 déc. 2025
7
764 critiques
La lumière, ici, ne naît plus. Elle couve. Elle ronge. Elle persiste comme une braise obstinée sous la cendre d’un monde que l’on croyait sauvé. Avatar : De feu et de cendres ne s’ouvre pas comme un...
le 17 déc. 2025
8
1472 critiques
Vous devez maintenant savoir que je suis de parti pris sur ce coup là. Car James Cameron est l'un de mes réalisateurs favoris. Peut-être même mon réalisateur favori. Celui qui n'a jamais signé un...
le 17 déc. 2025
9
4 critiques
Ce n’est que sur des petits rien qu’une histoire se créée et se défait. Certains diront que c'est le destin, car ce n'est probablement pas par hasard que les deux principaux protagonistes ratent le...
le 30 déc. 2024
6
4 critiques
Nous pourrions nous étendre sur la performance technique ou les longueurs du films. Mais tout converge vers l'analyse finale de cette œuvre cinématographique.Car ce n'est un secret pour personne...
le 28 déc. 2025
7
4 critiques
Très belle scène de révolution martienne, on retrouve l’engouement révolutionnaire soviétique avec la Marseillaise pétaradante !
le 17 avr. 2025
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème