L'une des armes utilisées par Marvel dans son ascension vers la domination des comics est sa volonté d'inventer de nouveaux personnages à une vitesse vertigineuse. Il y a tellement d'univers Marvel, en effet, que certains super-héros n'existent même pas dans les mondes des autres, ce qui évite les blocages. Les Avengers partagent toutefois le même continuum temporel et spatial, bien que ces dernières années, ils aient été traités dans des films séparés, à super-héros unique. On suppose que les Avengers inactifs suivent les exploits de ceux qui travaillent aux informations.
"Avengers", très attendu par les fans des comics Marvel, réunit tous les Avengers en un seul film : Iron Man, Captain America, Thor, Hulk, Black Widow et Hawkeye. C'est comme un match d'all-star, ou le menu de dégustation du chef dans un restaurant chic. Ce qui me frappe toujours, c'est à quel point leurs superpouvoirs sont différents. Iron Man (Robert Downey) est un type ordinaire jusqu'à ce qu'il porte son super-costume. Thor (Chris Hemsworth) manie un puissant marteau. Hawkeye (Jeremy Renner) manie un arc dont les flèches sont si puissantes qu'elles peuvent détruire des vaisseaux spatiaux. Hulk (Mark Ruffalo) est un homme aux manières douces jusqu'à ce qu'il se mette en colère. Il se transforme alors en un homme musclé vert, bondissant et capable de déchirer à peu près tout. Captain America (Chris Evans) possède un bouclier puissant et polyvalent. Et puis il y a Natasha (Scarlett Johansson), alias Black Widow. Après avoir vu le film, j'ai discuté d'elle avec des amis brésiliens et indiens, et nous n'avons pas réussi à trouver une explication satisfaisante à ses superpouvoirs ; il semble qu'elle soit simplement une artiste martiale qui sait bien viser avec des armes. On a décidé qu'elle et Hawkeye n'étaient peut-être pas techniquement des super-héros, mais qu'ils traînaient simplement ensemble.
Quand je vois ces six-là ensemble, je ne peux m'empêcher de penser aux champions de l'exposition canine de Westminster. Vous avez des races qui semblent complètement différentes les unes des autres (labradors, caniches, boxeurs, dalmatiens), et pourtant ce sont tous des champions.
La raison pour laquelle ils sont réunis dans "Avengers" est que la Terre est menacée par le souriant Loki (Tom Hiddleston), le frère adoptif de Thor, qui contrôle le Tesseract, un cube d'énergie pulsant qui ouvre une porte sur l'univers ; grâce à lui, il prévoit d'attaquer la Terre avec sa flotte de monstres-machines à l'allure reptilienne. Le lieu de résidence de Loki, la fabrication de ces machines-dragons, etc. restent totalement inexpliqués. Loki et Thor sont tous deux liés de manière obscure aux dieux de la mythologie nordique, comme nous l'avons appris dans le film "Thor" de l'année précédente, mais ne nous égarons pas dans la théologie.
Nick Fury (Samuel L. Jackson) lance un appel aux Avengers pour qu'ils fassent équipe et répondent à cette menace. Il dirige le SHIELD, la Division de l'intervention stratégique intérieure, de l'application des lois et de la logistique, c'est tout ce que je sais à son sujet. Son quartier général se trouve sur un gigantesque porte-avions qui est aussi un aéroglisseur et qui peut devenir invisible. En réunissant les Avengers, il rouvre bien sûr d'anciennes rivalités (par exemple, mon marteau peut battre ton bouclier), jusqu'à ce qu'ils apprennent les avantages du travail d'équipe, qui est discuté dans des discours d'une noble banalité. Vous voyez donc qu'il s'agit d'une sorte de film éducatif, qui apprend aux Avengers à faire ce qui était si valorisé sur mon bulletin de première année : le concept du travail en équipe.
Ces films sont tous plus ou moins similaires, et "Avengers" nous en donne beaucoup, beaucoup plus. Il doit y avoir une menace. Les héros doivent être enrôlés. Le méchant doit être dramatisé. Des défauts de personnalité sont sondés. Et puis la dernière heure environ consiste en des effets spéciaux dans lesquels de grands objets mécaniques s'engagent dans un combat qui se solde par des fracas assourdissants, des explosions et de grandes boules de feu.
Une grande partie de cette bataille se déroule dans le centre de Manhattan, où les séquences les plus soignées impliquent la gigantesque machine serpent-lézard-dragon de Loki, qui semble presque avoir un esprit propre et qui est soutenue par d'innombrables serpents. À un moment donné, un Avenger s'envole dans la gueule de ce léviathan et pénètre dans toute sa longueur pour en ressortir par l'extrémité. Vous ne verrez pas ça dans "The Human Centipede".
"Les nerds du Comic-Con auront des orgasmes multiples", prédit le critique David Edelstein dans le magazine New York, confirmant ainsi ce que je soupçonnais vaguement à leur sujet. S'il a raison, il est temps que des films, dont on a désespérément besoin, rééduquent les nerds aux joies du sexe. "Avengers" est bien fait par Joss Whedon, avec style et énergie. Il offre à ses fans exactement ce qu'ils désirent. On peut se demander si c'est exactement ce qu'ils méritent.