Ce qui fait en partie la magie du cinéma de Martin Scorsese, c'est qu'il arrive à insuffler une dimension humaine à la redoutable machine hollywoodienne. Leonardo DiCaprio, très impliqué dans le projet dès le début, parvient facilement à faire oublier sa non-ressemblance avec Howard Hugues de par son jeu impressionnant qui s'affine encore avec l'âge. Limiter le personnage à un original égocentrique serait passer à côté de bien des facettes de sa personnalité. Son rapport aux femmes est par exemple très particulier. Très attaché à sa mère, la première à l'aider à combattre ses problèmes comportementaux, il cherche une seconde mère dans cette incessant défilé de femmes qui ont jalonnés sont existence. La scène où Katharine Hepburn le lave fait écho à la première scène du film, la boucle est bouclée. Mais sa névrose en fait définitivement un personnage solitaire. Un personnage dévoré par ses passions qui lui coûteront sa fortune colossale, sa vie sentimentale, sa réputation et sa santé mentale. Le casting est de toute beauté et un sacré bon point aussi pour la richesse des costumes. Les plus : Martin Scorsese parvient à insuffler un souffle épique à son docu-fiction tout en conservant une dimension humaine, remarquable. Leonardo DiCaprio est définitivement devenu un très grand du septième art. Un film qui a le mérite d'en dire un peu plus long sur le mythique Howard Hugues. Les moins : Comme à chaque fois avec Scorsese le film est un peu trop long.