Je vois enfin ce documentaire, qui revient sur la carrière d’un artiste qui m'avait inspiré à ses débuts. J'avais appris sa mort par d'autres connaissances dans le domaine de la musique, et les médias musicaux à l'époque.
Après tout ce que j’avais entendu au sujet de ce documentaire, je m'attendais à autre chose, à un portrait plus profond, peut-être, surtout avec toutes les images d’archives et de concerts (plus de 800). Je ressens comme un manque, après le visionnage. Et sans parler du docu en lui-même, il y aurait eu tellement matière à faire "vivre" ces images, pour plonger dans l'intensité de sa vie et de mieux la comprendre.
Après sa mort, dans mon cercle d'amis artistes, j'entendais des conversations sur Avicii et son manager. On me vendait l'image du manager diabolique et sans scrupule qui aurait profité de Tim Bergling. Mais finalement l'histoire a l'air un peu plus complexe que ça et surtout fait écho à ce que beaucoup d'autres artistes ont vécu, à savoir le succès jeune : Britney Spears, Justin Bieber,
et dans le registre de l'electronic dance music (EDM), Martin Garrix.
Et comment vivre quand on connaît un succès planétaire à un jeune âge ?
Ce n'est pas moi qui vais vous répondre sur ce point en tout cas.
On nous dit qu'Avicii manquait de maturité ; et on peut imaginer à quel point il est difficile d’en construire une en pleine ascension. Mais le film ne nous fait pas ressentir cet aspect ; on suit le jeune DJ/producer à droite, à gauche et en voyage, un peu avant ou après un concert, à l'hôpital, sans véritablement approfondir ce qu’il vivait (peut-être aurait-il fallu plus de montage ?). Ça donne un côté décousu, et on reste à la surface, on sait ce qu'il vit, l'écran nous le dit, mais on ne le vit pas vraiment.
La question que pose ce documentaire : comment un jeune adulte peut-il gérer la célébrité mondiale avec un cerveau encore en construction ? Tim, décrit comme timide, réservé, angoissé, semble ne pas avoir eu la guidance pour prendre du recul sur les enjeux financiers autour de son empire musical et sur les personnes qui l'entouraient.
À un moment, on entend quelque chose comme : "si le navire se mettait à couler, certaines personnes seraient déjà parties", et peut-être que Tim ne saisissait pas cela. À la base, il s’était lancé dans la musique pour le plaisir et aussi pour un pari, (emmener ses amis à Los Angeles dans une villa), mais les pressions financières grandissent vite autour d’un succès mondial, et on imagine que son manager en subissaient aussi. Ce n’est pas pour défendre le manager que je dis cela, je sentais le besoin de nuancer la situation, tel que je la perçois aujourd'hui, avec ce que j'ai pu entendre dans ce docu.
Je pense qu'il y aurait eu tellement plus de choses à dire sur sa vie.
Au fait, si je comprends bien Avicii : True Stories est sorti quelques mois avant la mort d’Avicii, ce qui lui donne un ton bizarre, rétrospectivement. Comme un avertissement qui n'aurait pas été entendu, comme si ce film disait : "Attention ! Avicii est en danger !"
Mais en 2017 je n'écoutais déjà plus trop ses musiques et je n'ai pas suivi la réception de ce documentaire ou de ce qu'en disait le public.
Repose en paix, et merci pour ta musique.