(Cette critique inclue aussi La Légende de Baahubali, 1ière Partie)




La Légende de Baahubali est de ces films qui marquent une vie de cinéphile.

Il a marqué la mienne en étant le premier film indien que j'ai eu envie de voir, et que j'ai vu et apprécié sans le considérer comme une curiosité exotique, et sans le regarder avec ironie, avec un second degré un rien condescendant.

Pourtant, La Légende de Baahubali est exotique. Il est même typique d'une production indienne : Ca dure des plombes (les deux films cumulés atteignent presque 6 heures de durée), c'est structuré en un interminable flashback, et c'est évidemment entrecoupé de séquences musicales.

Et pourtant aussi, ce dyptique constitue un film perfectible et kitsch: les personnages sont caractérisés et joués sans grande nuance, ça veut nous en mettre plein les yeux à coup de ralentis grandiloquents et de scènes d'action qui martyrisent les lois de la physique autant que la suspension d'incrédulité du spectateur, le tout appuyé par des effets spéciaux numériques qui ont quelques années de retard technique. Oui.

Oui, mais j'ai kiffé. J'ai kiffé à la première vision comme à ce revisionnage. Et sans arrière-pensée ou lecture nanarde. J'avais écrit, lors de ce premier visionnage, que La Légende de Baahubali avait ce privilège rare de pouvoir être vu avec le même plaisir justement au premier et au second degré. Mais je corrige maintenant cet avis : Il nous pose constamment, en tant que spectateur, sur cet équilibre entre premier et second degré. Il est constamment en équilibre entre le sublime et le grotesque, sans jamais perdre de son attrait. C'est comme un spectacle de marionnette : On voit les fils, on sait que c'est faux et naïf, mais on ne peut s'empêcher d'être pris, d'en être émerveillé. Cet équilibre, c'est ce que j'aime et qui fait tout la valeur d'un film tout différent, et qui fait que celui-ci est, je le répète, le Meilleur Film du Monde : Danger Diabolik.

La Légende de Baahubali, au travers de son histoire aux accents shakespearien (on parle pouvoir, trahison et vengeance) nous trimballe donc dans un univers chamarré, esthétiquement superbe quitte à tomber dans l'abus, bourré ras-la-gueule de passages épiques, de séquences d'action folles et de plans hyper iconiques (rares sont les films où j'ai autant eu envie de faire des captures d'écran), passant sans arrêt d'un genre à l'autre (heroïc fantasy, film de baston, comédie romantique) sans jamais nous perdre. Et si oui, Prabhas, dans le rôle-titre, est par moment un peu trop bovin, et si oui, aussi belles soient-elles, les séquences musicales souffrent de ne pas avoir de chansons hyper accrocheuses, il faudrait être aveugle et de mauvaise foi pour bouder son plaisir, et ne pas reconnaître l'ambition et la générosité folle de cette proposition de cinéma. Et de l'accepter comme un cadeau.

Créée

le 19 janv. 2026

Critique lue 3 fois

Critique lue 3 fois

D'autres avis sur Baahubali 2 - La Conclusion

Baahubali 2 - La Conclusion

Baahubali 2 - La Conclusion

7

Xidius

296 critiques

Indian Strikes Back

On savait S.S Rajamouli talentueux déjà avec son délirant Eega et sa mouche vengeresse, mais rien ne préparait à sa propension à l’épique lors du premier Baahubali. Fort heureusement, il confirme ici...

le 28 avr. 2017

Baahubali 2 - La Conclusion

Baahubali 2 - La Conclusion

7

DanielOceanAndCo

4214 critiques

Critique de Baahubali 2 - La Conclusion par DanielOceanAndCo

Cela faisait un bail qu'un film indien ne m'avait pas enthousiasmé à ce point et c'est amusant que le film en question ne soit ni hindi (Bollywood) ni tamoul (Kollywood) mais télougou dont je ne...

le 4 déc. 2021

Baahubali 2 - La Conclusion

Baahubali 2 - La Conclusion

7

Dagrey_Le-feu-follet

1462 critiques

La revanche de Shivudu (Mise à jour juin 2020)

Shivudu apprend ses origines à travers le récit d'un des soldats et décide alors de reprendre à Bhallaladeva le trône qui lui revient de droit. La Légende de Baahubali - 2e partie (బాహుబలి) est un...

le 9 mai 2017

Du même critique

Big Guns - Les grands fusils

Big Guns - Les grands fusils

8

Jean-Luc-Godzillard

706 critiques

Pas si gros que ça, au final, les guns.

Delon quitte un temps la France et les polar réalisé par Jacques Deray pour l'Italie et un polar réalisé par Duccio Tessari. Et on ne perd pas au change. Bon, en l'état, plus que les Deray, c'est au...

le 26 nov. 2024

Les Sorcières d'Eastwick

Les Sorcières d'Eastwick

7

Jean-Luc-Godzillard

706 critiques

Quand Jack Nicole Sonne Cette Chère Susan, Ca Rend "Dong!"

Premier film que Miller fait entièrement à Hollywood, et avec tout ce que cela veut dire en terme de gestion de ses stars comme de ses producteurs (et il y a un indice qu'il a galéré sur ce dernier...

le 11 janv. 2026

Le Maître et Marguerite

Le Maître et Marguerite

8

Jean-Luc-Godzillard

706 critiques

Sympathy for the Devil

Mon souvenir du roman de Mikhaïl Boulgakov n'est plus très frais, mais j'ai retrouvé une grande partie de ce que j'avais lu dans ce film, et une grande partie de ce que j'en avais aimé.Pas seulement...

le 4 févr. 2025