À première vue, Babylon semble être un projet ambitieux qui cherche à explorer des thèmes tels que l'ambition et l'art à Hollywood. Une volonté propre de parler de cette transition du muet au parlant, et enfin du bicolor au technicolor, tout en faisant état des lieux, des têtes d'affiches qui s’effritent. Les stars d'hier qui deviennent les nouveaux ringards d'aujourd'hui, les acteurs noirs qui peuvent enfin passer sur scène, montrer l’étendue de leur talent et ne plus être simplement des jazz man de second rang.
Malheureusement, il ne parvient pas à diffuser efficacement ces idées. L'histoire est souvent confuse avec trop de sous intrigues qui ne s'emboîtent pas tout à fait ou n'ont pas de sens dans l'arc narratif global du film. Pas dégueulasses au 1er abord mais avec un arrière-goût déplaisant dans la bouche. Le film est aussi sincère et généreux dans sa peinture du cinéma, dans ce qu’il veut rendre au personnage et à l’époque, dans ce qu’il veut montrer, qu'il est puéril et immature dans son ton faussement irrévérencieux. Touché par une fausse grâce de symbiose et de beauté, je trouve tout cela légèrement très...très... TRÈS...surcoté. J
- Je suis pris par rien je n'arrive pas à me mettre dedans son rythme dégueulasse plus j'y repense plus je suis estomaqué du succès de con qu'a eu ce film.
L’approche qui y est faite aussi, vis-à-vis des acteurs, passant du muet au parlant est moyennement abordé, on ne fait que la transition rapide de « star » à « ringard » surtout que la dépression dans tous les domaines artistiques de manière générale est moyennement abordée, ou toujours d’une façon grossière qui se résulte toujours pas un suicide manichéen naif à base de « je suis très triste allez ciao ».
De plus, certains personnages sont sous-développés, ce qui les fait ressembler à des découpes en carton plutôt qu'à de vraies personnes avec lesquelles nous pouvons nous identifier et/ouu de nous soucier de leurs luttes tout au long du film. Cela étant dit, les visuels de Babylon sont incroyablement beaux, mais ils manquent de substance lorsqu'il s'agit de transmettre une émotion ou de raconter une histoire significative à travers ses seules images - ce que d'autres films ont si bien fait ces dernières années (par exemple, Roma). De plus, bien qu'il y ait certainement de grandes performances d'acteur ici – notamment par Margot Robbie – aucune ne se démarque vraiment suffisamment pour que nous, les spectateurs en salle, nous en souvenions longtemps après avoir regardé ce film pour une bonne raison ou une autre.
PS : la scène de fin est une honte.