Sous couvert de nous raconter la brutale transition du muet vers le parlant, une décennie après the Artist qui ne sera pas la seule citation ici, Damien Chazelle nous fait la mauvaise surprise de faire un film de Damien Chazelle. Débauche d'énergie inutile comme dans cette interminable scène d'introduction. 0 répit en 3 heures pour reprendre son souffle (nécessaire pour le spectateur comme pour les personnages qui ne se reposent jamais... les kilos de coke posés comme des tas de farine leurs sont probablement bien utiles). Un film de Chazelle n'est pas avare en effet de styles superflus; ici les longs plans séquences inutilement complexes ne posent pas le rythme mais poursuivent au contraire l'esprit oppressant du montage haché ou chaque personnage cadré fini par crier avant d'être suivi d'un autre, puis d'un autre dans des enchainements dramatiques de situations que les frère Cohen, grands maitres de la chute burlesque incontrôlée n'auraient pas osé au 3eme degrés. Par là je veux dire il doit pas y avoir un plan ou un personnage monte dans une voiture (visiblement très courantes en 1926), sans casser quelque chose ! Ca devient vite fatiguant ...

Au final, cette œuvre qui ne veut pas finir s'achève dans un mélange grotesques de citations et autocitations facon clip (mais pourquoi ce film n'a-t-il pas voulu s'arrêter une heure avant ???), le propos est celui toujours rabaché par Chazelle : le succès et la déchéance sur des rythmes jazz, la bande sonore restant un des aspects réjouissants du film, avec les acteurs, objectivement formidables au cœur de cette galère.

J'ai quand même ri quand sur un tournage le personnage joué par Brad Pitt est filmé en contre jour de la mort (la post production devait être très évoluée dans les années 20, même pas un petit flare au soleil rasant derrière les personnages miraculeusement pas trop mal exposés), puisque le film se permet lui même ce genre daberration plus tard (la scène de brad Pitt répétant son texte avec sa femme laisse passer un rayon de lumière vive par une fenetre dans le décor qui délave la moitié de la scène, c'est juste crado...)

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le 19 févr. 2023

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