Avec Babysitter, Monia Chokri mise sur une esthétique pop, saturée de couleurs et de compositions soignées, qui séduit instantanément l’œil et traduit une vraie envie de cinéma. Mais derrière cette réussite visuelle, le reste peine à suivre. Les personnages, hystériques et caricaturaux, deviennent vite fatigants, comme coincés dans une parodie mal assumée. La narration, brouillonne, hésite entre satire sociale et comédie absurde sans jamais trouver de rythme clair. Et à force d’empiler les thématiques – misogynie, culture du buzz, asservissement– le film se perd, réduisant son propos à une succession de clichés, où chaque homme est grotesque et chaque femme ramenée à une sororité forcée.
J’ai eu envie d’aimer ce geste audacieux et coloré, mais il m’a surtout laissé une impression de vacarme vain, révélant toutefois le potentiel visuel de la réalisatrice, qui gagnera sans doute à synthétiser son propos.