Suite au nombre de (très) grosses productions qui se sont cassées la gueule au box-office, générant un énorme manque à gagner pour les studios, on voit revenir sur le devant de la scène pas mal de productions qualifiées de « mid budget » qui avaient presque disparues des radars pendant de nombreuses années. Non pas qu’il n’y en avait plus, mais la tendance était quand même au bigger and louder, avec des films aux budget affolants les compteurs sans qu’on comprendre parfois réellement pourquoi. Alors pour quelqu’un qui, comme moi, en a assez de ces machines à fric et qui aime bien ces bobines aux budgets plus raisonnables, souvent plus humbles, souvent bien plus efficaces, ça fait plaisir de les voir revenir sur le devant de la scène, malgré leurs imperfections, malgré leur distribution parfois uniquement en VOD/SVOD. Alors dès que j’ai pu voir Love Hurts, rebaptisé pour on ne sait quelle raison chez nous Back To Business, j’ai sauté sur l’occasion malgré les critiques plutôt divisées sur la chose. En vous sauvez quoi ? Ce n’était pas parfait certes, loin de là, mais c’était très cool. Et puis un film avec le beaucoup trop discret Ke Huy Quan, ça ne se refuse pas.


Ke Huy Quan, tout le monde le connait pour son rôle de Data dans Les Goonies et de Demi-Lune dans Indiana Jones et Le Temple Maudit. C’est d’ailleurs pour ce dernier film qu’il a commencé à apprendre le Tae Kwon Do, pratique qu’il a poursuivi jusqu’à l’âge adulte aux côtés de Philip Tan et Dorian Tan et qu’il a pu utiliser à l’écran sur Combat Sans Merci (1991). Rapidement, Ke Huy Quan disparait des écrans, mais pas forcément du cinéma puisqu’on le retrouve assistant coordinateur des combats et chorégraphe d’action, aux côtés de Corey Yuen, sur des films tels que X-Men (2000) et The One (2001). Mais le film qui l’a fait revenir sur le devant de la scène, c’est Everything Everywhere All At Once (2022), dans le rôle de ce mari aimant qui mettait en valeur ses talents en arts martiaux et pour lequel il a gagné un Oscar. Il revient donc aujourd’hui avec Love Hurts, son 11ème film seulement (si on enlève sa participation au doublage de Kung Fu Panda 4) en 40 ans de carrière, premier long métrage de Jonathan Eusebio qui a déjà travaillé en tant que réalisateur de seconde équipe sur des films tels que Deadpool 2 ou Violent Night. Mais trêve de tergiversations, et parlons de Love Hurts, un film qui malgré de nombreux défauts réussit à se faire attachant, à divertir comme il se doit. La mécanique du film est pourtant relativement usitée ces derniers temps, avec un héros tout gentil qui n’est en fait pas qui il semble être et qui va se révéler lorsque son pari va lui exploser à la gueule. Oui, des films comme Nobody, Don’t Breath ou John Wick ne sont pas loin, sauf qu’ici nous sommes avant tout dans une comédie. Une comédie avec de la castagne, mais une comédie quand même, avec un soupçon de romantisme et surtout une envie de ne jamais se prendre réellement au sérieux. Et c’est sans doute ce qui sauve le film de toutes ses imperfections car il y en a plus d’une.


Bien que la courte durée de 1h23 génériques compris permet à Love Hurts de ne jamais ennuyer, il y a le revers de la médaille avec des personnages stéréotypés et très reconnaissables afin de ne pas perdre trop de temps à les développer. Et forcément, du coup, eh bien tout ça manque de développement, c’est la même chose en ce qui concerne le scénario où tout s’enchaine peut-être un peu trop vite et aurait mérité 15 à 20 minutes supplémentaire. Pourtant, ce n’est au final pas si gênant parce que, comme dit plus haut, Love Hurts ne se prend pas au sérieux et cherche simplement à proposer un divertissement résolument fun aux spectateurs. Et puis, que son personnage soit développé ou pas, finalement qu’importe, Ke Huy Quan est immédiatement attachant, avec sa petite bouille de gars sympa, qui va casser la gueule à des gros sbires le dépassant sans problème d’une tête, voire plus. Le fun, on le retrouve au niveau des combats. Même si certains échanges font un peu trop préparés, avec des coups / parades un peu trop « robotiques », il faut avouer que les fights ont un côté relativement jouissif, très Jackie Chan dans l’âme avec cette utilisation permanente des éléments du décor qu’on n’hésite pas à se servir comme arme. Ça se met sur la gueule dans la joie et la bonne humeur avec des chorégraphies souvent inventives, mais aussi et surtout une mise en scène intelligente pensée pour que cela reste extrêmement lisible, avec des cadrages et un montage réfléchi, renvoyant clairement volontairement directement au cinéma de Hong Kong des années 80/90. Et puis leur côté bien bourrin lors des chutes (aïe les cascadeurs) et autres éjections amène du bourrinage lui aussi bien jouissif. Certes, là non plus ce n’est pas parfait, avec par exemple Daniel Wu (New Police Story) qui semble avoir un balai dans le derrière lors des combats alors qu’il a prouvé qu’il était déjà capable. Certes, tout non fonctionne pas non plus dans l’humour qui tombe parfois un peu à plat. Mais il y a tellement d’entrain, tellement une envie de bien faire, tellement envie d’être généreux, que les défauts du film sont rapidement contrecarrés et qu’on passe un bon moment.


Love Hurts est bien le film fun qu’il pense être. Imparfait, certes, déjà vu, oui, mais au final un film attachant, parfois jouissif, jamais prétentieux, et qui 1h23 durant remplit haut la main son contrat de divertissement.


Critique originale avec images et anecdotes : https://www.darksidereviews.com/film-back-to-business-de-jonathan-eusebio-2025/

cherycok
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le 29 juin 2025

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