Ca fait un peu bizarre d'attribuer une note positive à "Bad Moms", qui cumule tout de même un certain nombre de tares inhérentes à la comédie américaine grand public, laquelle a souvent tendance à me hérisser le poil.
Par exemple un happy end aussi idiot que généralisé (qui occupe comme il se doit la quasi intégralité du dernier quart d'heure), une caractérisation outrancière des personnages qui va au-delà de la caricature (cf le mari absent et immature), ainsi qu'une obsession pour les tirades grossières et graveleuses, incarnée par une protagoniste chargée uniquement de débiter des obscénités (rôle souvent tenu par Melissa McCarthy, ici remplacée par Kathryn Hahn dans la peau d'une mère indigne, obsédée sexuelle et fière de l'être).
On sait que la télé US censure le moindre "fuck" à l'horizon, donc le rôle du cinéma comique est d'offrir au bon peuple américain son content de vulgarité et de grivoiserie. Soit.
Pourtant, au-delà de ces aspects agaçants, "Bad Moms" sera parvenu à me séduire progressivement, au point de me faire passer un moment agréable.
Les ingrédients sont certes très basiques, mais le divertissement fonctionne plutôt bien, incarné par une brochette de MILFs agréables à regarder, et porté par une bande originale entraînante. Grâce en outre à une poignée de gags réussis et à des dialogues enlevés, le film de Jon Lucas et Scott Moore sera parvenu à m'intéresser aux mésaventures de son trio de mères dépassées.
On se souvient alors que les deux compères, outre le scénario de "Very Bad Trip", sont surtout à l'origine de l'excellente série comique "Mixology", dans laquelle les punchlines vachardes succédaient aux vannes référencées, dans une bonne humeur contagieuse. Ce talent d'écriture se retrouve dans certaines répliques du film, qui n'hésitent pas à s'affranchir du politiquement correct.
De plus, "Bad Moms" s'appuie sur un sujet de société intéressant, certes traité par dessus la jambe, mais suffisamment pertinent pour alimenter le comique de situation, et expliquer le gros succès du film outre-Atlantique.
Côté casting, si Mila Kunis est bien jolie mais ne sera jamais une grande actrice, si Jada Pinkett Smith a tellement perdu de sa superbe que j'ai eu peine à la reconnaître dans son petit rôle insignifiant, c'est surtout Kristen Bell qui tire son épingle du jeu, dans la peau d'une mère de famille négligée et victimisée qui finit par se lâcher : l'ex Veronica Mars fait preuve ici d'une palette de comédienne bien plus large que ses consœurs, et ce fut pour moi une sympathique découverte.