Ballistic est un drame psychologique très sobre qui utilise le contexte militaire et l’industrie de l’armement pour raconter avant tout une histoire de deuil et de culpabilité. Le film débute de manière assez calme avec les échanges en visioconférence entre cette mère et son fils Jesse, déployé à Jalalabad en Afghanistan. Ces premières scènes fonctionnent bien parce qu’elles montrent un jeune homme fatigué par la guerre, qui commence lui-même à remettre en question sa présence là-bas. Cela rend l’annonce de sa mort encore plus brutale lorsque l’officière de l’armée attend devant la maison pour prévenir sa mère. À partir de ce moment, le film plonge dans quelque chose de beaucoup plus émotionnel et intime. Toute la douleur de cette mère devient le véritable cœur du récit. Le fait qu’elle travaille elle-même dans une usine de fabrication de munitions donne au scénario une idée très forte et particulièrement tragique. La scène où elle extrait discrètement la balle du corps de son fils à la morgue est d’ailleurs extrêmement marquante, car elle symbolise déjà son refus d’accepter une mort anonyme et son besoin désespéré de comprendre. Lorsqu’elle découvre grâce au test balistique qu’il y a de fortes chances que la balle provienne de l’usine où elle travaille, le film bascule progressivement vers une descente psychologique très sombre. On sent son esprit s’effondrer peu à peu sous le poids de la culpabilité et de la colère. La tentative de suicide dans la voiture est filmée avec beaucoup de sobriété, ce qui la rend encore plus forte émotionnellement. Le film évite les excès dramatiques et préfère montrer un personnage qui se détruit lentement de l’intérieur. Les tensions avec son entourage, sa tristesse permanente et son obsession pour cette balle renforcent cette impression d’un deuil devenu insupportable. Pourtant, malgré cette noirceur, Ballistic garde une lueur d’espoir dans sa dernière partie. La scène finale autour de la naissance de son petit-fils apporte enfin une forme d’apaisement très touchante. En aidant à donner la vie, elle semble finalement accepter la mort de son fils et retrouver une raison d’avancer. Cette conclusion simple mais émotionnelle donne au film une vraie humanité malgré toute la tristesse qui traverse le récit.