Habitué des comédies drôles, pertinentes et pétries de tendresse, Didier Bourdon passe ici complètement au travers en réalisant un film trop bourré de bons sentiments. Reprenant un schéma qu'il connait par coeur et qu'il récite habituellement plutôt bien (une situation de départ a priori anodine qui part complètement en vrille avec, souvent en toile de fond, une histoire d'amour usée qui ne demande qu'à être réveillée), il propose des péripéties trop excessives et, surtout, pas assez drôles pour atteindre leur but.
Censé être à la fois drôle et émouvant, Bambou n'est, au final, ni l'un ni l'autre. Les personnages sont trop caricaturaux pour être convaincants et les gags trop peu nombreux pour adhérer au délire. La relation fusionnelle qui unit soudainement Didier Bourdon et son chien paraît tellement artificielle qu'elle n'émeut ni n'amuse. Seul Eddy Mitchell, en véto barré, propose une récréation appréciable tout au long d'une seconde partie qui part en quenouille et ne parvient jamais à trouver le ton juste.
On peut aimer beaucoup Didier Bourdon et lui pardonner le manque d'épaisseur de certaines de ses entreprises. Il nous fâche davantage quand il ne parvient ni à nous amuser ni à nous dire quelque chose de plus profond qu'il n'en a l'air. C'est le cas ici où, honnêtement, seuls le capital sympathie qu'il inspire et deux ou trois choses presque anecdotiques sauvent l'ensemble du navet total. On est cependant dans un grand loupé, loin derrière Madame Irma, pourtant à peine moyen, et Sept ans de mariage qui était une vraie réussite.