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The Untold Story
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le 31 janv. 2022
Lo Kin est un réalisateur HK méconnu qui n’a jamais réellement rencontré le succès mais qui pourtant a dans sa filmographie des bobines éminemment sympathiques. Il y a des purges, clairement, à l’instar de ses deux derniers films, Spider Woman (1995) et Doug’s Choice (1994), mais également des films qui valent vraiment le détour, soit par parce qu’ils abordent un genre qu’on voit au final peu à Hong Kong, comme The Final Test (1987), soit parce que dans un genre encombré comme la Cat III, ils n’ont pas réellement tiré leur épingle du jeu malgré de bonnes qualités, comme Fatal Love (1993), soit parce qu’ils sont sacrément improbables comme le film du jour, Banana Spirit, dont le titre l’est tout autant. Mais surtout, Banana Spirit est un film qui nous prend sans cesse à contre-pied, un film qui surprend à chaque scène, un film dans lequel il est impossible de prévoir quoi que ce soit, une ghost comedy qui ne se contente pas d’appliquer bêtement les clichés du genre et, sincèrement, un film qui fait du bien.
Produit par Sammo Hung et la Bojon Films Company qui a produit, excusez du peu, des films comme Pedicab Driver, L’Exorciste Chinois 2, Licence to Steal ou encore Slickers vs Killers, le titre « Banana Spirit » a de quoi faire sourire. Il est pourtant tiré d’une vraie légende qu’on retrouve dans plusieurs pays d’Asie (avec des différences), notamment en Chine. Dans cette légende, lorsqu’une femme est horriblement assassinée par des bandits et que ses parents enterrent son corps démembré sous un bananier, l’esprit du corps quitterait l’arbre la nuit pour sucer le sang de ses assassins. L’esprit peut être invoqué en attachant une corde rouge au bananier, et l’autre extrémité de la corde doit être attachée sous la fenêtre de la chambre à coucher de l’ennemi, afin de conduire « l’esprit de la banane » jusqu’à lui. Après des nuits de relations charnelles avec l’esprit vengeur, l’homme se flétrit et meurt. Le film prend certaines libertés avec cette légende mais il se base clairement sur elle. On y retrouve le champ de bananier, la fameuse corde rouge, l’esprit vengeur qui cherche à avoir des relations sexuelles pour prendre tout le souffre de vie des victimes, et même le flétrissement avant la mort. Banana Spirit emprunte aussi bien aux ghost kung fu comedy façon Mr Vampire, aux films de fantômes romantique genre Histoire de Fantômes Chinois, qu’aux films de Catégorie 3 dont le réalisateur a déjà versé. On y retrouve un casting assez ewxcellent avec entre autres Francis Ng (The Mission), Lam Ching-Ying (Mr Vampire), Tommy Wong (The Killer), Ngai Sing (Blade of Fury) ou encore l’inimitable Richard Ng (My Lucky stars).
Certaines scènes de Banana Spirit sont à pleurer de rire. Mais que les allergiques à l’humour cantonais se rassurent, nous sommes ici dans quelque chose de plus léger. Certes, on n’échappe pas à quelques gags en dessous de la ceinture, mais le film joue bien plus sur les clichés des genres qu’il parodie quelque part, que sur de l’humour bien gras comme on en voyait beaucoup dans les années 90. D’autres sont tout simplement mémorables comme ce final complètement WTF avec un Tommy Wong déchainé, à moitié décomposé, qui crache du feu, et dont les parties du corps coupées sont capables de se recomposer à la manière du T1000 dans Terminator 2. Banana Spirit est surtout un film plein d’entrain et plein d’énergie, peut-être même trop car il semble avoir du mal à jouer sur tous les tableaux. Il ne semble jamais se décider s’il doit aller trop vers le fantastique, trop vers l’humour, trop vers l’horreur, trop vers la romance, mais finalement, c’est aussi ce qui fait sa force. On a un peu cette impression de fourre-tout, mais pas dans le mauvais sens du terme, plus façon joyeux bordel qui part dans tous les sens, typique de ces petites productions hongkongaises qui ne se refusent rien, qui mixent les genres dans la joie et la bonne humeur sans presque se demander si le résultat sera digeste. Mais surtout, le film s’amuse à nous prendre à contrepied sans cesse, et ce dès la première scène. On y découvre quelqu’un qui lave un corps de femme nue avec une éponge, lui nettoie le visage, les seins, … Il la ramène vers lui afin qu’elle prenne une position clairement sexuelle et on se dit que ce personnage va la violer et qu’on est en fait dans un cat III bien malsain. Et bim, pas du tout, il s’agit d’un homme qui travaille dans une morgue et dont le boulot consiste à nettoyer et maquiller les cadavres avant qu’ils soient exposés pour leur enterrement. A de nombreuses reprises, on va trouver ce genre de contrepieds, mais aussi de nombreux hommages à la ghost romance, avec le personnage de Francis Ng qui va tomber amoureux de cet esprit par exemple, et à la ghost kung fu comedy avec même Lam Ching-Ying qui va endosser une fois de plus le rôle du fat-si le temps de quelques scènes.
Banana Spirit est loin d’être le film parfait. La réalisation n’a rien d’exceptionnel et le manque de budget se fait parfois sentir. Mais il y a une telle énergie dans ce joyeux fourre-tout typique du cinéma de Hong Kong qu’on ne peut que passer un très bon moment.
Critique originale avec images et anecdotes : https://www.darksidereviews.com/film-banana-spirit-de-lo-kin-1992/
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Créée
le 29 juin 2025
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