Banco
5.5
Banco

Film de Dick Richards et Jerry Jameson (1986)

Voir le film

Banco est un film beaucoup plus intéressant que ne le laisserait croire sa surface de série B peu réfléchi. De péripétie en péripétie, toutes plus disjointes les unes des autres, on pourrait croire à un serial pulp qui ne s'assume pas avec Burt "Escalante" Reynolds aux commandes. Mais c'était omettre le remarquable plan de travail de William Goldman qui produit ici une leçon de scénario !


Un parfait exemple du film à l'intrigue intérieure. La problématique à résoudre n'est pas tant les péripéties de notre héros que la résonance de celles-ci avec son désir interne d'aller à Venise, représenté par une photo paradisiaque. Ce conflit entre les événements extérieurs et le monde intérieur du protagoniste reflète la quête existentielle de sens, où la poursuite de son rêve s'entremêle avec les défis et les choix de la vie quotidienne. C'est à travers cette tension entre aspiration personnelle et réalité extérieure que se déploie la complexité de son existence et se pose la question fondamentale de la signification de ses actions.


Cette contradiction du héros devient saillante dans la scène du Blackjack, où l'on découvre la vérité derrière ce refus constant de prendre la maille. Scène magistralement interprétée par notre Escalante préféré et Diana Scarwid en croupière émue.


Quitter la ville du péché pour celle des canotiers et comment surmonter les contradictions de ce désir face aux turpitudes du monde. Escalante croisera sur sa route Cyrus Kinnick, interprété par Peter MacNicol, qui lui fera comprendre la réalité de son rêve en échange d'une leçon de philosophie sur la témérité.

Celui-ci lui donnera l'occasion de résoudre sa problématique, pas par la résilience, mais par l'accès au rêve lui-même avant un sacrifice pour le moins téléphoné. Dommage pour l'existentialisme !

Soulignons également l'excès de violence jouissif où l'outrecuidance de la Canon autorisait les débordements ! Une savoureuse série B qui, malgré ses défauts, correspond parfaitement à l'idée d'une grande série B.

Tryon
7
Écrit par

Créée

le 9 janv. 2024

Critique lue 44 fois

Tryon

Écrit par

Critique lue 44 fois

1

D'autres avis sur Banco

Banco

Banco

6

aliasniko

13 critiques

Lassitude Vegas

BANCO (ou HEAT en VO), réalisé en 1986, période où Burt Reynolds était encore une star à Hollywood (mais c'était déjà le déclin pour lui). Pour ceux qui ont connu les joies du vidéoclub (ça ne me...

le 11 mai 2018

Banco

Banco

4

Play-It-Again-Seb

1138 critiques

Banqueroute

Les ficelles sont grosses et l’ensemble donne l’impression de partir dans tous les sens. Un privé minable mais à la réputation solide rêve de partir à Venise. Qui va, sans le savoir, l’empêcher de...

le 25 août 2025

Banco

Banco

7

Tryon

89 critiques

L'existentialisme à Vegas

Banco est un film beaucoup plus intéressant que ne le laisserait croire sa surface de série B peu réfléchi. De péripétie en péripétie, toutes plus disjointes les unes des autres, on pourrait croire à...

le 9 janv. 2024

Du même critique

Faire face

Faire face

6

Tryon

89 critiques

De la dignité inconditionnelle

Admirable film sur la difficulté de se défaire de l'aliénation. S. Forrest subit le pire qui puisse arriver à une danseuse. Perdre sa mobilité. Ce qui équivaut à perdre la vie pour elle. Voilà tout...

le 12 janv. 2024

Mise à sac

Mise à sac

7

Tryon

89 critiques

Parker et la ville endormie

Parmi les œuvres standard du répertoire Cavalier, se profile cette adaptation de The Score de Richard Stark, avec le "Constantinople" du cinéma français, le dénommé Michel Constantin. Ce film de...

le 15 déc. 2024

Vigilante Force

Vigilante Force

8

Tryon

89 critiques

Après le Magnum je demande le Vigilante

Voilà un redoutable sujet que celui de l'auto justice. Voilà un film qui encore plus redoutablement nous marque la rétine sur le sujet. Connu dans nos contrées sous le nom de Milice Privée, produits...

le 23 oct. 2023