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le 11 mai 2018
SuivreLassitude Vegas
BANCO (ou HEAT en VO), réalisé en 1986, période où Burt Reynolds était encore une star à Hollywood (mais c'était déjà le déclin pour lui). Pour ceux qui ont connu les joies du vidéoclub (ça ne me...
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Les ficelles sont grosses et l’ensemble donne l’impression de partir dans tous les sens. Un privé minable mais à la réputation solide rêve de partir à Venise. Qui va, sans le savoir, l’empêcher de réaliser son rêve ; qui va lui permettre de le réaliser ? C’est, quelque part, le sujet de ce film noir revu et corrigé à la sauce des années 1980 avec un Burt Reynolds qui ne cesse de creuser ce sillon depuis presque dix ans, parfois avec bonheur, le plus souvent avec maladresse. Difficile de ne pas classer celui-ci dans la seconde catégorie. Derrière ce projet de Venise, le récit part en effet dans tous les sens : une ancienne petite amie qui se fait violer par un merdeux en lien avec la mafia, un jeune millionnaire qui a besoin de se faire chaperonner pour arpenter les cercles de jeu, et lui-même qui a l’occasion de faire sauter la banque. Chaque péripétie constitue une partie d’un film qui manque cruellement d’unité, si ce n’est ce désir profond de quitter cette vie nocturne et frelatée.
Le résultat est pour le moins très laborieux et on s’y ennuie même franchement par moments. Les personnages qui entourent Burt Reynolds ne sont souvent que de passage et si certains reviennent, c’est, la plupart du temps, pour offrir (enfin) un peu d’action. Alors que la première heure décrit une certaine errance de notre héros, la suite le voit se transformer en ange exterminateur qui balaie la racaille comme on aime le faire dans les bonnes séries B de l’époque. Malheureusement, tout est ici trop bancal, trop maladroit pour convaincre et ce n’est pas la réalisation conventionnelle qui peut changer la donne. Il faut dire que le poste de réalisateur fut sacrément mouvementé durant la mise en place du projet. Pas moins de six réalisateurs (dont Robert Altman) furent de la partie et deux, au final, sont crédités. Le premier se fit fracasser la mâchoire par l’acteur moustachu, le second finit le film, et aucun des deux ne se signalèrent ensuite dans le métier. Ce point peut expliquer aussi la maladresse générale du film qui peine à remplir son contrat.
C’est une nouvelle fois dommage pour Burt Reynolds qui aurait certainement mérité de participer à plusieurs films vraiment marquants pour atteindre la notoriété d’un Clint Eastwood, par exemple, qui sut souvent mieux choisir ses rôles, notamment quand il faisait le choix de tourner une série B énergique et sympathique. Au milieu des années 1980, Burt Reynolds participa à plusieurs films de ce type décevants qui le reléguèrent à l’arrière de la scène alors qu’il avait évidemment encore une carte à jouer. Dommage car, une nouvelle fois, on sort d'un film où on se dit qu'il y avait bien mieux à faire. Dans le genre, on peut largement préférer les plus cohérents et sympathiques Styck et Malone.
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Créée
le 25 août 2025
Critique lue 37 fois
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