On continue l’exploration de la carrière dans le DTV chinois de Louis Fan Siu-Wong (Une Flic de Choc, Ip Man), acteur martial hongkongais sous-coté, qui du haut de ses 52 ans se fait une seconde jeunesse sur les plateformes de SVOD chinois telles que iQiYi ou Youku, enchainant plusieurs films d’action par an pour le plus grand plaisir des amateurs de tatanes. Mais il n’est pas le seul hongkongais au générique de Bangkok Storm puisqu’on retrouve à ses côtés Hung Yan-Yan, l’inimitable méchant du culte The Blade de Tsui Hark, lui aussi bien présent en Chine puisqu’on le retrouve au générique de bobines telles que Mega Crocodile 2 (2022), Southern Shaolin and the Fierce Buddha Warriors (2021) ou encore A Hero Named Koxinga (2022), déjà avec Fan Siu-Wong. Le tout est mis en scène par un autre hongkongais, Ken Yeung, qui œuvre dans le DTV chinois depuis plus de 10 ans après avoir longuement travaillée à la télévision HK. C’est donc en toute logique que Bangkok Storm ressemble beaucoup à un film HK de la belle époque, même si le résultat est en demi-teinte.


Dans le petit monde du DTV chinois, il y a, ou il y a eu, plein de modes comme celle des films de pilleurs de tombes, celle des films de snipers, celle des films animaliers façon The Asylum, ou encore celle de faire des nouvelles versions de classiques connus. Mais il y a une mode qui commence à être de plus en plus présente depuis 1 ou 2 ans, c’est l’envie de proposer des films qui renvoient clairement au cinéma de Hong Kong des années 80/90/2000, aussi bien dans le fond que dans la forme. Chez certains réalisateurs, on ressent clairement cette nostalgie d’un cinéma avec lequel ils semblent avoir grandi et l’emploi de plus ou moins anciennes stars de l’ex-colonie britannique n’est qu’une facette de cette mode. Car outre, comme cité plus haut, des acteurs tels que Fan Siu-Wong, Andy On, Eric Tsang, Jordan Chan ou encore Francis Ng, qui viennent tourner en Chine afin de continuer d’engranger de l’argent, c’est la mise en scène de l’action ou les scénarios qui lorgnent du côté de Hong Kong. Ce Bangkok Storm en est une fois de plus l’exemple et c’est sans doute pour ça que certains amateurs de cinéma de Hong Kong se tournent vers ces DTV chinois, car ils y retrouvent ce qu’ils ont aimé lorsqu’ils regardaient un wu xia pian ou un kung fu polar de Hong Kong des années 80/90. Le problème de Bangkok Storm, c’est bien qu’on ait l’impression que le réalisateur et, de manière générale, l’équipe technique savent ce qu’ils veulent et ce qu’ils font, bien que ce qu’ils font ne soit pas toujours fait comme il le faudrait.


On nous présente ici un scénario bien exécuté mais très cliché, caractérisant correctement ses personnages et présentant bien les enjeux. Rien d’original ici, mais Bangkok Storm va explorer des thématiques telles que la recherche d’identité, l’honneur, la loyauté ou encore la rédemption. Le casting est plutôt efficace, aussi bien les vieux briscards que certains jeunes acteurs, tout comme la musique qui complète efficacement chaque scène, mais les scènes d’action clochent clairement car variant de qualité d’une à l’autre, comme si elles avaient été réalisées par deux personnes différentes. Par exemple, le combat dans la rue, lorsque Fan Siu-Wong a le bras bandé, ressemble réellement à quelque chose, bien que trop court, mais de nombreux autres sont à côté de la plaque. Ils sont montés un peu n’importe comment, avec un réalisateur abuse de ralentis ou de coups montrés deux, voire trois fois d’affilé, empêchant de profiter des chorégraphies plutôt travaillées, à mi-chemin entre le ciné HK des années 80/90 et les coups de genoux / coudes façon Tony Jaa dans Ong Bak (le film se passe en Thaïlande). Clairement, la réalisation de Ken Yeung et Zhou Tian est à la traine et alourdit l’action alors que les choses les plus simples sont parfois les plus efficaces. Même le combat final entre Fan Siu-Wong et Hung Yan-Yan, qui aurait dû être le point d’orgue, s’en retrouve bâclé. C’est dommage car l’ensemble est très rythmé et, bien que cela ne soit malgré tout pas désagréable à regarder, on ressort de Bangkok Storm avec celle impression de gâchis. C’est dommage…


Rythmé, proposant un casting sympathique et de nombreuses scènes d’action, Bangkok Storm demeure malgré tout un DTV chinois assez lambda. Le matériel était là pour faire une bonne bobine, mais les réalisateurs en gâchent tout le potentiel.


Critique originale avec images et anecdotes : https://www.darksidereviews.com/film-bangkok-storm-de-ken-yeung-et-zhou-tian-2023/

cherycok
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le 5 déc. 2024

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