Beaucoup de gens semblent dire que "Banzaï" est un film pour enfants, qu'il est impératif de voir jeune pour l'apprécier. Certes, "Banzaï" est une comédie bébête qu'on apprécie assez peu à l'âge adulte. Toutefois pour moi ce n'est pas une excuse à tous ses défauts. Ce n'est pas parce que l'on fait un film pour enfants qu'il faut livrer un produit de qualité discutable.
On s'intéresse à Michel, agent pour une assurance rapatriement qui travaille tranquillement à Paris. Mais son patron lui demande d'effectuer lui-même plusieurs missions d'urgence à l'étranger, chose dont il a horreur. Et par-dessus le marché, il va devoir mentir à sa fiancée, elle-même hôtesse de l'air qui lui fait croire qu'elle travaille à Paris.
Un pitch qui en réalité constitue un laborieux fil rouge pour une comédie qui n'est rien d'autre qu'un film à sketchs. Où Coluche se balade à l'étranger et enchaîne les galères, en devant à chaque fois rentrer en France à temps pour donner le change.
Coluche déploie une certaine énergie, et convient bien au rôle de râleur qui a la trouille des voyages. Je note l'ambition de la production de vouloir dépayser en allant tourner à divers endroits du globe (New York, Afrique, Hong Kong). Mais, à la différences des avions représentés, tout ceci ne vole pas haut.
La mise en scène manque de souffle, le montage juxtapose maladroitement diverses séquences en parallèle. L'intrigue sur les deux amoureux qui se mentent l'un à l'autre ne sera que rarement exploitée. Et le scénario a très mal vieilli, versant régulièrement dans ce qui est aujourd'hui considéré comme du racisme. Sérieusement, dans tout le volet hongkongais, les comédiens asiatiques sont doublés avec de grossiers accents chinois...
Et que dire des acteurs secondaires particulièrement plats. La palme revenant à Valérie Mairesse, dont le personnage parvient à peine à exister à l'écran.
Une escale qui ne vaut pas la peine de s'y attarder.