Bao
7.3
Bao

Court-métrage d'animation de Domee Shi (2018)

Voir le film

Présenté en amont du tant attendu "Les Indestructibles 2", l'écurie Pixar démontre encore une fois que les courtes prestations évoquent bien plus qu'elles n'en présentent. Le court-métrage se base sur le principe de la spontanéité et donc de la surprise. C'est pourquoi il est préférable de s'y aventurer avec un esprit vidé et non préparé. Autrement, cela gâcherait le discours de l'auteur, qui insiste fortement sur ce détail, que constituent la vie et toutes les émotions qui l'accompagnent.


« Bao » est avant tout une fresque métaphorique de la relation mère-fils. La nourriture que constitue le nouvel arrivant alimente ainsi les nouvelles responsabilités d'un parent. Il faut savoir se montrer flexible quand il le faut et ferme lorsque la situation l'impose. Le travail d'un parent au foyer a beau se répéter en réexpliquant les mêmes risques et les mêmes faiblesses, or le but n'est pas de confirmer ou d'affirmer ces règles. Non, l'objectif est de les réajuster à son environnement.


L'enfant arrive pur, plein de vie, de sincérité et de fidélité. Il a de quoi rendre heureux tout parent qui ressent le besoin de partager et de transmettre. De même que ce court-métrage, l'auteur souhaite partager des valeurs culturelles, certaines communes à tous et d'autres davantage liées à la culture chinoise. Cependant, il existe une très grande confusion chez de nombreux spectateurs qui n'appréhende pas comme il faut l'expérience. Elle se veut sensorielle, que l'on soit déjà passé par les étapes que la mère a vécu ou non. Le discours est universel et reste pourtant inaccessible pour beaucoup. Il s'agit certainement de cette immersion en terre asiatique qui pourrait troubler, car sans non plus s'enfoncer dans des stéréotypes évidents, l'œuvre assume pleinement son caractère local, à savoir l'amener avec calme et sagesse.


Ce sont ceux qui n'assument pas l'émotion que l'on tend à nos yeux qui se rapprochent des préjugés, sans ouverture d'esprit. Quand bien même il fallait se vider l'esprit d'entrée, il ne faut pas non plus camper sur cet état en fin de projection. Oui, nombreux sont là, assis en train d'attendre avec impatience le retour des super-héros, mais si l'on oublie que la barre émotionnelle est placée très haute d'entrée, ce serait noyer tous ces efforts parmi les publicités, répétitives et indigestes. Ce qui n'est pas le cas et c'est pourquoi il est réconfortant d'étudier « Bao » avec recul et sagesse.

Cinememories
8
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur.

Créée

le 5 juil. 2018

Critique lue 1.6K fois

Cinememories

Écrit par

Critique lue 1.6K fois

15

D'autres avis sur Bao

Bao

Bao

8

Cosmic_M

1016 critiques

Comme dans un cocon

Petite critique d'un court métrage paru en ouverture des Indestructibles, Bao est un film que tout le monde attendait. Le film parle d'une femme qui façonne un baozi qui magiquement prend vie. De...

le 11 août 2018

Bao

Bao

8

Kolibribus

136 critiques

Mon fils ma bao bao

Un court-métrage touchant sur la filiation à travers une métaphore culinaire rigolote. Mignon tout plein.

le 27 nov. 2018

Bao

Bao

4

Fatpooper

14061 critiques

Ils auraient pu lui gonfler la poitrine, j'aurais alors compris que ce n'est pas un film pro gay

Ho purée, j'avais RIEN compris parce que je croyais que c'était un mec et non pas une femme (mère de surcroît), du coup je me suis dit que c'était curieux de sortir un film pro gay (vu la complicité...

le 27 mai 2023

Du même critique

Comment devenir riche (grâce à sa grand-mère)

Comment devenir riche (grâce à sa grand-mère)

8

Cinememories

1601 critiques

Ce qu’on donne, ce qu’on reçoit, ce qu’on transmet

"L’argent et l’amour font certainement partie des piliers fondamentaux dans les relations familiales thaïlandaises. Pat Boonnitipat prend un malin plaisir à disserter sur sa culture dans son premier...

le 14 avr. 2025

Buzz l'Éclair

Buzz l'Éclair

3

Cinememories

1601 critiques

Vers l’ennui et pas plus loin

Un ranger de l’espace montre le bout de ses ailes et ce n’est pourtant pas un jouet. Ce sera d’ailleurs le premier message en ouverture, comme pour éviter toute confusion chez le spectateur,...

le 19 juin 2022

Ouistreham

Ouistreham

6

Cinememories

1601 critiques

Nomadland à quai

Il était très surprenant de découvrir Emmanuel Carrère à l’affiche d’un nouveau long et à l’ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs, sachant la division du public sur « La Moustache » et malgré...

le 18 janv. 2022