Saint Nibard, priez pour nous. Donnez-nous un film qui rend hommage à cet attribut féminin que l’homme nostalgique des années 80 aime tant, cet attribut féminin si beau et émouvant qu’il n’a clairement pas de concurrent réellement aussi attractif. Oui, le nibard, parfois appelé boob, est pour tous les amateurs de nanars des années 80 la récompense ultime, celle qui fait plaisir aux yeux et frétiller le macaroni, surtout quand elle est complètement gratuite. Oui Saint Nibard, donnez-nous un film incapable de ne pas nous montrer un nibard toutes les deux minutes. Les prières furent exaucées avec Barbarian Queen par le pape du nibard, Roger Corman, l’hommes aux 1000000 productions, pour lequel il aurait fallu créer de manière très officielle un nibard-o-mètre tant le bonhomme a tout compris à la chose, et surtout à ce qu’attendait le public de mâles en rut sautillant de joie à la vue d’un téton. Ô Saint Nibard, merci pour Barbarian Queen, vraiment.


Dans les années 80, Roger Corman cherchait à produire, via sa boite de production Concorde-New Horizons, des films d’épées et de sorcellerie, voire d’heroic fantasy, à petit budget afin de surfer sur le succès de Conan le Barbare. Il passe un accord avec la société argentine Aires productions d’Héctor Olivera pour mettre en boite neuf films, le réalisateur / producteur argentin y voyant là un moyen de financer des projets cinématographiques plus personnels grâce aux bénéfices que cet accord engendrera. Barbarian Queen fait partie de ces neuf films. Lana Clarkson, qui avait joué un rôle secondaire en tant que guerrière amazone dans la précédente co-production Deathstalker, a été choisie pour incarner le rôle principal, la fameuse reine barbare du titre. Elle sera accompagnée de Dawn Dunlap (Les Croque-Morts en Folie, Mutant), Susana Traverso (Les Extraterrestres) et Katt Shea (Psychose III), future réalisatrice de Carrie 2 : La Haine (1999), trois autres demoiselles à la plastique avantageuse à qui on demandera de se dévêtir le plus souvent possible. Katt Shea a d’ailleurs déclarée lors d’une interview qu’elle avait « passé deux mois et demi à porter des tenues légères, voire rien du tout ». Et s’il y a une chose qu’on peut dire, c’est que le film commence sur les chapeaux de roues. En cing minutes, on a un viol, trois fois des boobs, une coiffure improbable, une grosse baston foireuse à l’épée, des cascades à cheval et un Franck Zagarino tout jeune au torse huilé. Bordel, mais ça s’annonce très bon cette histoire ! Oui, l’amateur de cinéma bis des années 80 qui aiment les rip-off de Conan le Barbare ne devraient être pas être déçus ! Barbarian Queen ne dure, dans sa version non censurée, que 1h15, et il ne s’arrête pratiquement jamais. Les péripéties s’enchainent à très grande vitesse et procurera à l’amateur de nanars une certaine jouissance. Surtout s’il aime les nibards !


Si on parle un peu plus haut de version non censurée, c’est parce que le film va assez loin dans l’érotisme, qu’il a eu droit à plusieurs versions raccourcies, et a même, en son temps, créé une petite controverse. En effet, pour un film qui se revendique féministe, en mettant en scène des héroïnes fortes qui cassent la bouche à des bonshommes, c’est assez ambigu de mettre en scène autant de viols, de torture et de nudité complètement gratuite, avec des femmes qui vont évoluer dans une structure narrative des plus patriarcales. Ça a de quoi laisser des plus… dubitatifs dirons-nous… Mais pour l’amateur de bisseries des années 80, Barbarian Queen est malgré tout un pur régal. Outre les très nombreux nibards pour tout et n’importe quoi donc, on aura droit à des actrices bien plus là pour leur physique que pour leur jeu. Mais les hommes et même les enfants ne sont guère mieux, ni même les figurants qui, dans la grosse bataille finale, ont tous le sourire aux lèvres, plus contents d’être là pour gagner quelques dollars que pour essayer de bien jouer. Malgré une photographie parfois réellement sympathique, avec des jolis filtres de couleurs savamment utilisés, Barbarian Queen est visuellement assez kitch avec ses décors intérieurs en carton-pâte qui nous font bien comprendre que le chef décorateur n’a pas eu droit à un énorme budget. Le scénario ? Ha le scénario… Disons qu’il semble écrit par un gamin de 8 ans qui a vu Conan le Barbare et qui a voulu faire un film qui ressemblait à Conan Le Barbare, ça ne va pas plus loin que ça. Mais ceux qui ont un faible pour les nanars se marreront devant le nawak de certaines scènes, comme cette presque castration aux muscles pelviens, devant ces combats bourrins mais mal branlés, devant cette pluie de morts, devant ces têtes coupées et ce sang qui gicle, devant cette orgie qui arrive comme un cheveu sur la soupe, parce que, oui, apparemment, ça manquait de boobs. Et pour Corman, il n’y a jamais assez de nibards.


Avec Barbarian Queen, on a peut-être trouvé le rip-off fauché de Conan le Barbabre qui nous propose le plus grand festival de nibards, et c’est définitivement n’importe quoi. Roger Corman est décidément un homme de goût.


Critique originale avec images et anecdotes : https://www.darksidereviews.com/film-barbarian-queen-de-hector-olivera-1985/

cherycok
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le 29 juin 2025

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