Est-ce que le parcours de Vladimir Bortko symboliserait l'évolution de la Russie des années 80 à aujourd'hui ? Membre du parti communiste et auteur du meilleur film sur le conflit Soviéto-Afghan (Afghan Breakdown) lors des dernières années de l'Union, le voila qui embrasse désormais le nationalisme Russe le plus dégoulinant avec son ambitieux Taras Bulba au point d'en dégoutter tout spectateur muni d'un minimum de sens critique...
Pourtant, le film partait sur des bonnes bases. Entre le respect des langues, un casting 4 étoiles (Bogdan Stupka est un Taras Bulba plus vrai que nature, Magdalena Mielcarz une princesse Polonaise à se damner), un soin sérieux apporté aux costumes, aux lieux de tournages et au style de vie des cosaques, tout était là pour mettre KO l'adaptation Américaine de Jack Lee Thompson.
Hélas, les quelques réussites du film sont systématiquement anéanties par le nationalisme fanatique qui lie l'ensemble. Et vas-y que je discoure sur l'unité de la Russie, sur l'invulnérabilité de son peuple, sur la pureté de la foi orthodoxe... Sans arrêt, on doit supporter ces accès patriotiques digne d'un film de propagande de la grande époque. Quand cela aboutit à des séquences aussi hallucinantes que la mort du fils (il avait trahi la Russie l'enfoiré, qu'il crève !) ou celles avec le cousin lointain du juif Suss, on se dit que cela devient franchement malsain et qu'il vaut mieux oublier cet embarrassant objet cinématographique.