Ce n’est évidemment pas un grand Bava mais comme souvent il est suffisamment graphique pour susciter plus d’intérêt que son intrigue. Cette dernière est au second plan ici. Bava aurait même mieux fait de livrer un objet quasi abstrait, non narratif. Son château était amplement suffisant. Sa nuit brumeuse et ses jeux d’ombres et de lumières, aussi. Le décor impressionne. Il tire pleinement parti de cette architecture démente, de son labyrinthe gothique et notamment de sa chambre des tortures. Le film aurait été plus beau encore s’il nous avait dispensé des apparitions de son baron scarifié sinon putréfié beaucoup trop kitch. Mais ça fait partie du cinéma de Bava, le grotesque, l’inégal. On l’accepte ou non. Suivant les films aussi. Ici il me semble qu’il fait basculer l’ensemble du bon côté.