Barry est un chien Saint-Bernard. On sait dès le prologue du film, avant un long flashback, quelle sera son utilité. De là à donner son nom au film, ça parait un peu excessif. Car le film reste avant tout un mélodrame sentimental à visage humain. Sauf à voir dans Barry la providence divine, car le film est une histoire alpestre où les religieux d'un prieuré interviennent quand des voyageurs sont ensevelis par les avalanches. Décor singulier, très mal restitué par la réalisation médiocre de Richard Pottier, qui l'est d'autant plus que ce col des Alpes est aussi celui qu'empruntent les armées napoléoniennes pour guerroyer à Marengo.
Le sujet est une équation sentimentale à trois amoureux, dont un seul a les faveurs d'Angelina (Simone Valère, dans un rôle de jeune première tire-larmes). Pierre Fresnay y incarne une nouvelle fois un religieux -il n'y a plus de doute à avoir sur sa vocation ratée- en l'occurrence un moine, tonsure comprise, et, accessoirement, le maitre de Barry.
Si certains incidents maintiennent un peu d'intérêt, il faut bien reconnaitre que la mise en scène de Pottier ne donne aucune valeur ajoutée à ce romanesque plutôt indigeste, pas plus qu'elle ne confère de complexité au personnage principal, le père Théotime (Fresnay), et à ses pieuses valeurs morales.