Le chef-d'œuvre qu'on admire plus qu'on n'aime !

  • Mon expérience face à Barry Lyndon de Stanley Kubrick fut d'abord celle d'un choc esthétique, suivi d'une interrogation. C'est un film qui me laisse avec un sentiment récurrent : celui d'une admiration esthétique profonde, tempérée par une certaine froideur émotionnelle.
  • ​Visuellement, c'est une claque monumentale. Franchement, la manière dont chaque plan est composé, comme un tableau de maître du XVIIIe siècle, est absolument fascinante. Les scènes éclairées uniquement à la bougie, cette lumière naturelle et douce... c'est une prouessetechnique et esthétique qui mérite tous les éloges possibles. J'ai eu l'impression de parcourir un musée d'art vivant pendant trois heures, et pour ça, je l'admire profondément. L'ambition visuelle est un 10/10.
  • ​Le problème, pour moi, se situe dans la narration et l'émotion. L'histoire de Redmond Barry, cet opportuniste qui gravit les échelons de la société anglaise, est racontée avec un détachement si clinique que j'ai eu du mal à m'attacher ou même à éprouver de l'empathie pour quiconque. Le narrateur omniscient et ironique m'a rappelé que je regardais un destin écrit d'avance, ce qui a sapé une bonne partie du suspense. Le rythme est délassant, certes, mais aussi parfois agonisant. J'ai senti la longueur des trois heures, surtout dans la deuxième partie où l'ascension de Barry cède la place à sa déchéance.
  • ​Ryan O'Neal est parfait dans le rôle de l'ambitieux passif, mais la performance, tout comme la mise en scène de Kubrick, est volontairement glaciale. Je n'ai ressenti la tragédie de l'existence de Barry qu'intellectuellement, jamais vraiment au fond de moi.

​En Conclusion

  • J'ai vu une œuvre d'art inoubliablepour les yeux et un récit très intelligent sur la vanité et le destin. Mais j'en suis ressorti plus impressionné que touché. C'est un chef-d'œuvre technique, mais qui manque de cette chaleur humaine qui fait les films que je revisite sans cesse.
  • Je lui donne donc un solide 7/10 : j'admire le film, mais je ne l'aime pas passionnément.

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le 24 nov. 2025

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DirtyVal

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