J'ai l'impression que le film est la mise en images d'un brouillon de roman : vous savez, l'auteur n'a pas d'idée, alors il écrit n'importe quoi en espérant qu'au fil de l'écriture, des personnages apparaîtront, des scènes en découleront et les thèmes surgiront. Il suffira alors de supprimer toutes les pages inutiles de l'errance du départ pour obtenir une histoire cohérente.
Sauf que là, le ménage dans le scénario n'a pas été suffisamment fait pour que le résultat soit clair dans son idée. Peut-être que le film aurait alors été trop court, car un auteur en panne d'inspiration, ça ne tient pas un long métrage.
Pour le rallonger, des scènes hors de propos ont été laissées et pour donner une atmosphère onirique* générale, il a fallu en laisser encore d'autres, ce qui donne une autre histoire. Du coup, le film est trop long et la cohérence n'y est pas. Bof, ça surrelalise, ça sympbolise, ça intellectualise.
Les frères Coen ont admis, parait-il, la présence d'un certain symbolisme, mais se sont refusé à tout commentaire. Tu m'étonnes...
*(Atmosphère onirique, renforcée par le caractère caricatural des personnages, très bien défendus par les acteurs, d'ailleurs)
Wikipédia : "Quatrième film des Coen, Barton Fink a été projeté pour la première fois le 18 mai 1991 au festival de Cannes, où il remporta la Palme d'or, le prix de la mise en scène et celui de l'interprétation masculine pour Turturro".
Le fait que le film, un peu prétentieux au fond, ait été sur-primé à Cannes n'empêche pas qu'il se suive, (quand même avec patience), parce qu'on aime le cinéma hollywoodien de ces années 40 et tout ce qui tourne autour. L'enfilade des bureaux des scénaristes rappelle "Sunset Boulevard". Et puis, tous les acteurs sont très bons.
John Turturro et Tony Shalhoub se retrouveront dans la formidable série TV "Monk". Le premier dans un rôle voisin dans son allure de celui de Barton Fink, le second dans le rôle principal radicalement opposé dans son comportement à celui, ici, du producteur.