À côté de ce film, la retraite de Russie apparaît comme une immense victoire ;)

Victoria Abril a dit une phrase très juste : « Il vaut mieux être nue dans un chef d’œuvre qu’habillée dans un navet ». Eh bien, ici, Sharon Stone nous démontre que « nue » et « navet » peuvent parfaitement aller ensemble…14 ans après le 1er épisode réalisé par Paul Verhoeven, Sharon retrouvait son personnage de Catherine Trammel. La suite était en discussion depuis de nombreuses années, pas mal de réalisateurs avaient été envisagés dont David Cronenberg (ah, ben tiens, d’un coup, imaginer ça titille ma curiosité !). Mais non, c’est le médiocre Michael Caton-Jones qui s’en est chargé. Euh, à part peut-être « Memphis Belle » en 1990, il ne nous laisse rien de vraiment notable, on peut penser à un second choix. Sharon Stone a d’ailleurs failli ne pas faire partie de cette Bérézina, longtemps en désaccord avec les producteurs sur la question de son cachet (très, très élevé visiblement). Quant à Michael Douglas, ça a été un refus immédiat ; beaucoup d’acteurs ont donc été pressentis (dont Harrison Ford…). Finalement, l’accord financier est conclu et Sharon accepte de tourner le 2e épisode. Cette fois-ci, la romancière-mante religieuse vit à Londres, mais pas le Londres historique plein de charme, non le Londres ultra-moderne du monde des affaires et des ultrariches (Hampstead…) avec ces immeubles design.

Bon, il aurait mieux valu qu’elle s’abstienne car là, le naufrage est total. Du film vénéneux et troublant de Verhoeven (ce qui n’excluait pas un côté racoleur, rappelez-vous la fameuse scène de l’interrogatoire), on se retrouve dans un film à l’intrigue alambiquée sans grand intérêt, où les dialogues sont totalement plats et Sharon se retrouve ce coup-ci face à un psychiatre joué par David Morrissey, bon comédien au demeurant mais ici lisse et transparent malgré ses efforts finaux à l’asile psychiatrique pour se donner un style à la Norman Bates. Il y a même Charlotte Rampling dans le casting. Quant aux soi-disant scènes chaudes, elles sont plus ridicules qu’autre chose (voir la scène d’ouverture de masturbation dans le bolide lancé à pleine vitesse dans les rues de Londres, pour se finir dans la Tamise …). Il est possible, certaines personnes vont jusque-là, d’y voir un certain second degré, une forme de parodie de film noir et de le trouver drôle. Je ne me risquerai pas à aller jusque-là. Mais certains dialogues m’ont fait sourire, j’avoue ; je pense tout de même que ça n’était pas le but initial 😄 Pas échaudée par Verhoeven, le tournage semble avoir été très tendu entre Caton-Jones et Stone et le film a été un naufrage artistique et commercial, sans grande surprise. Le plus triste c’est que Sharon peut être une très bonne actrice, regardez « Casino » quand elle est face à De Niro, elle est impressionnante ou dans « Broken Flowers », elle était très touchante. Mais sa filmographie commence à compter un nombre important de navets : « Une blonde en cavale », « Nico », le remake des « Diaboliques »…Arrêtons-là la liste, mais attention Sharon, à force d’accumuler des navets, c’est un potager qui va bientôt pousser 😉.

JOE-ROBERTS
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le 23 avr. 2025

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