L'un de mes films préférés gamin (même si j'en veux toujours à mes parents de s'être gourés à l'époque et de m'avoir offert pour Noël le pseudo "soundtrack album" des médiocres chansons de Prince à la cover éhontément trompeuse il faut dire, au lieu du superbe score de Danny Elfman) et force est de constater que ce premier "Batman" de Tim Burton, s'il n'égale pas la mélancolie, l'esthétique de conte de fées noir ou l'allégorie de l'artiste misfit de sa géniale suite "Batman - le défi", tient encore sacrément bien la route, pour son approche visuelle particulièrement lugubre et réaliste dans le gothique, son Joker indépassé pour moi dans cette incarnation à la fois exubérante et névrotique qu'en fait Jack Nicholson, l'origin story traumatique (très bien réinventée par Nolan 15 ans plus tard ceci dit, avec un accent sur la culpabilité du personnage), le parfait Michael Keaton, la BO d'Elfman donc, bien sûr, et cette sensation d'extrême solitude et d’inadaptation de Bruce Wayne qui introduit déjà l'idée d'un Batman comme avatar de représentation et d'expression de l'artiste inadapté auprès de son "public". Sans aucun doute l'un des blockbusters les plus crépusculaires et personnels de l'époque.