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Chute libre
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le 14 sept. 2016
Après m'être tapé les 3 heures montre en main du Seven des pauvres...euuu du Batman de Matt Reeves, j'ai eu envie de me refaire les mal-aimés de la saga, les films bannis de toutes timelines, de tous les univers comics qui auraient pu broder autour, bref j'ai voulu me replonger dans la vision fluorescente du chevalier noir, dans les montures 90's du personnage. Et c'est en toute cohérence que je commence ce cycle avec Batman Forever, sorti en 1995 avec l'acteur controversé Val Kilmer dans le rôle titre.
Me suis-je arraché les yeux au visionnage, me suis-je auto-flagellé devant la photo de Christopher Nolan et Tim Burton en allumant des cierges en leurs honneur ? Ai-je ensuite craché sur la tombe de Schumacher pour avoir cassé, que dis-je, trahis le mythe...? Réponse après la pub.
"Démolition en règles de la somptueuse esthétique de Tim Burton, au profit d'une ambiance cartoon douteuse" membre d'une communauté bien connu de cinéphiles
Batman Forever (j'ai jamais vraiment compris le titre) est un semi-reboot de l'univers de Burton où il garde quelques bases (rencontre probable avec Catwoman, les lunettes de Bruce Wayne) mais souhaitant sans doute s'orienter vers un ton plus enfantin (et donc plus commercial) par une caractérisation plus cartoon des personnages, notamment des deux super-vilains qui sont un peu les deux grosses vedettes du film, surtout Jim Carrey qui bouffe l'écran. A tel point que certains diront à tord que ce film est taillé pour l'acteur alors qu'il va tout de même un peu plus loin, à bien des égards, déjà scénaristique.
Batman (alias Bruce Wayne) est appelé pour arrêter un dangereux criminel qui sévit à Gotham avec son gang, Double-Face, anciennement Harvey Dent, procureur luttant contre la pègre et qui s'est fait défiguré à l'acide lors d'un procès. Depuis cet incident qui l'a rendu fou, Harvey (Double Face) voue une haine sans nom à Batman et ne rêve que d'une chose, l'éliminer.
Entre temps, Bruce Wayne fait la rencontre d'un chercheur de son entreprise, Edward Nigma qui lui propose de valider son projet basée sur la manipulation des ondes cérébrales. Considérant cela trop dangereux, Bruce Wayne refuse la proposition d'Edward qui de rage deviendra un autre antagoniste bien connu, l'Homme mystère. Les deux méchants vont donc s'allier pour tenter de tuer Batman et réduire les citoyens de la ville de Gotham à l'état de zombis décérébrés tandis que Batman, qui va tenter d'affronter ses propres démons, voit se profiler un futur soutien en la personne de Dick Grayson, un jeune acrobate devenu orphelin, suite à un attentat provoqué par Double Face.
On sent dans Batman Forever cette volonté de bien faire les choses. On s'intéresse cette fois-ci à la psyché de Bruce Wayne, à ses doutes, à ses peurs, à sa solitude, afin de nous emmener tout naturellement vers la création de son binôme avec le pas si jeune Robin. Il est cependant malheureux que certaines scènes clés aient été coupées au montage pour ne pas rentrer dans une version trop sombre, complexe de ces dualités, notamment celle Bruce-Batman mais l'existence de ces scènes prouvent bien l'intention première du réalisateur qui était de proposer un divertissement dans la lignée de Burton avant lui.
Dans l'exploration de la dualité Wayne-Batman, il était intéressant d'ajouter une femme, attirée par les deux aspects coexistants de Bruce Wayne, et le film le fait très bien en castant la sublime Nicole Kidman en psychiatre aussi sexy que dérangée, attirée sexuellement par Batman mais qui tombera finalement amoureuse de Bruce Wayne après plusieurs rencontres. La dualité est donc bien le thème central du scénario mais malheureusement tout est édulcoré à l'extrême pour ne pas troubler le jeune public (hormis cette relation sulfureuse avec la psy...ouf). La relation Double Face - Riddler est simpliste, basé autour de gags visuels assez faibles, la relation Batman-Robin est aussi survolée, s'intéressant surtout à l'origine story qui n'intervient que tardivement dans l'intrigue. Cela sera exploré dans la suite mais de bien mauvaise manière hélas.
Mais il y a tout le reste, et le reste est absolument génial... ou totalement raté, selon.
Parlons d'abord de l'esthétique, et on peut tous s'accorder à dire que...ça décoiffe. Gotham est gigantesque, composée d'énorme édifices et statues dans le style greco-romain qui atteignent parfois la pointe des building. Des plans panoramique en 3D moche nous plonge habilement dans ce gigantisme fou agrémenté de néons et de couleurs fluorescentes, comme pour marquer sa patte, son style. L'univers de Schumacher est certes bien plus colorée que Burton mais certains plans, certains décor me font pense que le réalisateur et son équipe avaient bien compris l'univers de Batman, son fondement, et que la flashy ne sert finalement qu'à signer l'oeuvre, à lui apporter une petite touche fantasque qui a, je le reconnais, un certain charme.
Cette excentricité est ambiante et se fait sentir sur d'autres aspect du métrages, les costumes et celui de Batman par exemple à qui l'on a rajouter la forme de tétons qui ont fait hurler les fans du personnage. Mais dois-je aussi mentionner les tenues toutes plus foldingues des deux méchants (imprimé léopard, coupe brosse orange) et de leurs accolytes ?. L'habit faisant le moine pour le coup, on ressent aussi l'excentricité du film dans chaque ligne de dialogue de ces deux vilains qui ne sont finalement qu'une caricature des personnages d'origines...
-Double Face en clone du Joker, obsédé à l'idée de tuer Batman
-Riddler en savant fou (et clone du Joker), prêt à contrôler la ville entière avec une invention loufoque digne des pires nanars...
Heureusement que d'autres aspects viennent enrichir un peu les personnages. Double Face est toujours obsédé par le hasard et s'accompagne de deux femmes représentant le bien et le mal (ange et démons) et l'homme mystère continue de poser ses fameuses énigmes, rien de bien folichon, mais on peut se raccrocher à quelque chose. Et les acteurs sont tous les deux à fond dans leurs rôles...en surjeux peut-être aussi, à vous de juger. Toujours est-il que je suis toujours en admiration devant la folie de Jim Carrey en total électron libre qui pique même la vedette de son compère Tommy Lee qui venait de gagner un oscar, lors de scènes communes.
Vous l'aurez compris, le film est ultra généreux et cela se ressent aussi dans son rythme où l'action et les effets visuels fusent mais où cependant y règne un certains équilibre. S'intéressant à dresser quelques pistes de réflexion à droite à gauche, à rendre crédible son univers par quelques trouvailles visuelles assez folles, en frôlant d'un doigt le brisage du quatrième mur, bref un peu de subtilité dans ce monde saturé.
Ce qui sera moins le cas dans sa suite...le détesté Batman et Robin.
Batman Forever est donc un film hybride, où règne en son sein la Dualité (sans doute un titre en rapport à cela aurait été plus pertinent). Comme Bruce Wayne face à Batman, le film doit composer avec les fans de Burton et les gamins gavés de MacDo. Il doit s'affranchir de la vision torturé du personnage avec ses vilains parfois terrifiants afin de toucher un plus large public sans pour autant dénaturer totalement l'oeuvre d'origine. L'obsession du chiffre 2 n'est donc sans doute pas un hasard.
2 vilains (duo)
2 héros (duo)
2 amants
2 personnalités x 2
2 choix
2 visions (adulte et enfantine)
sans parler de la dualité du bien et du mal (ange et démon), sexe-amour, hétérosexualité-homosexualité... bref, à vous d'analyser tout cela.
De même que notre regard critique sur le film...est-il bon ou mauvais ? Personne n'a l'air capable de trancher définitivement sur la question...
Il reste que Batman Forever est selon moi un bon film avec une identité propre. Val Kilmer est excellent dans le rôle car il campe un Bruce Wayne tout en finesse et un Batman un peu tourmenté, effacé, quoique toujours efficace qui commence à douter de son combat. Il est certes regrettable que les deux vilains du film soient une pâle copie du Joker de Nicholson mais l'investissement des comédiens et toutes la recherche visuelle menée sur l'univers et sa représentation à l'écran masque bien tous les petits défauts ambiants qui font flirter le film avec la catégorie des nanars sympathiques. Et aussi Nicole Kidman est magnifique...
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Les meilleurs films Batman, Best of Val Kilmer et Ils tombent de haut
Créée
le 6 avr. 2022
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