L’arc qui reprend l’arrivée de Bane pour détruire Batman, tant psychologiquement que physiquement, a déjà été traité à de multiples reprises, que ce soit via les séries animées ou The Dark Knight Rises. Mais son traitement via une adaptation littérale de la trilogie comics Knightfall (93-94) est une nouveauté qui donne envie.
Origin story d’un villain que l’on aurait tort de réduire à sa simple carrure, c’est également l’occasion de dresser un portrait mental du Caped Crusader faisant la part belle à ses névroses, sombrant de plus en plus dans son isolation et sa maladie vengeresse. D’autant plus lorsqu’on lui met en miroir le personnage d’Azrael, que j’ai rarement vu traité, pendant radical du chevalier noir qui a depuis longtemps franchi la limite finale de la mise à mort de ses ennemis.
De quoi livrer un film brutal qui affiche ses intentions esthétiques dès sa scène d’intro, où les malfrats fondent dans les flammes et les visages se font découper en deux. Du R Rated qui n’a pas vocation à être gratuit mais plutôt à vraiment faire ressentir la menace qui pèse sur Gotham et ses habitants.
Knightfall emprunte une partie de son esthétique à la série de Paul Dini, ajournant les traits pour un rendu plus moderne, tout en s’autorisant certains designs inédits, le scénario laissant apparaître une bonne partie de la galerie des bad guys de l’univers Batman. Le tout avec une animation fluide qui vient renforcer la violence.
Le découpage du métrage en trois films fait que l’on reste un peu sur sa fin devant la courte durée de l’aventure (à peine 1h15 hors générique), mais accroche comme il faut pour que l’on ait envie de voir la suite, l’impact émotionnel de la défaite du héros sur la ville en fin d’épisode étant palpable.
Si le reste de l’aventure s’avère du même niveau, on se trouvera aisément avec la meilleure mouture DC Animation à date, concurrençant facilement certains des films live.