Dans Becoming Mona, film néerlandais réalisé avec des acteurs belges s'exprimant en flamand, tous les proches de l'héroïne (Mona, donc) font preuve d'un égoïsme exacerbé et se manifestent régulièrement en vitupérant. Le film multiplie les scènes d'hystérie, sans raison valable souvent, avec des cris insupportables et aucun chuchotement, hélas. De l'enfance à l'âge adulte, la vie de la douce Mona ressemble au calvaire que vit le spectateur embarqué dans des enjeux qui ne sont que partiellement explicités. Pourquoi tel ou tel moment est-il privilégié, après quelques ellipses plus ou moins heureuses, c'est le choix subjectif des deux coréalisateurs qui semblent lorgner, peu ou prou, le cinéma de Bergman, sans avoir son talent et son intensité, cela va sans dire. Becoming Mona se veut impressionniste et impressionnant par son déballage émotionnel mais comment réagir face à une telle accumulation d'instants d'agitation sans lesquels le long-métrage ne serait qu'une coquille vide ? Le personnage de Mona, souvent muet, tour à tour consolateur puis accusé, est très énervant, du genre presque apathique et que l'on aimerait secouer pour lui faire quitter son environnement puissamment toxique. Autant dire que le film est aussi bien un soulagement pour ce qui la concerne que pour le spectateur, mis K.O par tant bruit et de fureur.

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le 14 nov. 2021

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