Remake coréen de 2018 du hongkongais Drug War de Johnnie To sorti en 2013, Believer (Dokjeon en vo, littéralement "Combat de la drogue"), de Lee Hae-young, est un polar brutal et classieux. Son intrigue, qui s'articule autour d'un flic cherchant à coincer un certain Monsieur Lee, un mystérieux génie du crime, lorgne quelque peu sur le "mysticisme" de la figure criminelle légendaire propre à Usual suspects. Peuplé de personnages aussi ambigus qu'inquiétants (le flegmatique Rak, l’imprévisible Jin Ha-rim, l’élégant Brian, les terribles jumeaux sourd-muets) et sublimé par sa superbe photographie, Believer se regarde malgré ses quelques longueurs et son twist prévisible, et il s'apprécie pour son habile sens du suspense, pour ses quelques séquences d’action, ainsi que pour la trajectoire de son protagoniste, Won-ho (Jo Jin-woong), un flic déterminé, mais croulant sous le poids de la culpabilité depuis la mort d'une de ses indics. Un personnage tellement pétri de remords et de contradictions (voir sa relation ingrate avec son jeune indic Rak), que le cinéaste l'abandonnera à une résolution incertaine, que l'on aurait pu interpréter comme un renoncement définitif si un autre réalisateur, n’en avait proposé une suite, Believer 2, cinq ans plus tard. Une suite ? Non... un midquel (intrigue se situant au sein même des événements du premier film) à la narration plus ambitieuse encore mais imparfaite, qui permet néanmoins de considérer le scénario de ce premier opus sous une nouvelle perspective et d’apporter ainsi un meilleur éclairage au spectateur. Reste seulement à savoir si celui-ci préfère les réponses franches aux fins ouvertes. De ces fins qui résonnent... comme un coup de feu.